La Côte d’Ivoire franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa coordination climatique. L’unité de Travail chargée du suivi de la taxonomie et de la divulgation (Utstd) a inauguré ses travaux à travers un premier atelier, récemment à Abidjan. Une initiative inédite à l’échelle du continent, qui traduit la volonté du pays de convertir ses engagements climatiques en actions concrètes, structurées et mesurables.
Créée au sein de la Commission nationale de lutte contre les changements climatiques (Cnlcc), sous l’autorité du Premier Ministre, l’Utstd a traduit sa volonté politique de doter la Côte d’Ivoire d’un dispositif technique apte à assurer le pilotage opérationnel de la Taxonomie.
À la différence de nombreuses taxonomies climatiques élaborées dans des contextes occidentaux, celle développée par la Côte d’Ivoire repose sur une prise en compte de ses réalités nationales, de ses secteurs stratégiques, de ses vulnérabilités spécifiques ainsi que de ses Cdn. Elle s’impose ainsi comme un outil souverain, adapté au contexte africain, et susceptible d’inspirer d’autres pays du continent.
Cet atelier marque une étape fondatrice en réunissant, pour la première fois l’ensemble des membres de l’unité autour d’un objectif commun : s’approprier collectivement le référentiel de la taxonomie ivoirienne afin d’en assurer une mise en œuvre cohérente, rigoureuse et harmonisée.
Spécifiquement, il s’agira d’officialiser le cadre de fonctionnement de l’Utstd et clarifier les responsabilités de chaque membre, de construire une compréhension commune et approfondie du référentiel de la taxonomie ivoirienne, de définir les premières priorités opérationnelles pour accompagner les entités dans leur démarche de divulgation extra-financière.
La taxonomie climatique est un système de classification permettant d’identifier les activités économiques qui contribuent réellement à la lutte contre le changement climatique. En tant que référentiel technique au service d’une trajectoire bas carbone, elle oriente les flux financiers vers des investissements véritablement alignés sur les objectifs climatiques.
À titre d’illustration, la Côte d’Ivoire doit mobiliser 62,06 Milliards USD pour financer ses nouvelles contributions déterminées au niveau national (Cdn 3.0). Dans ce contexte, il ne s’agit plus seulement d’investir, mais d’investir de manière pertinente et ciblée.
En offrant aux investisseurs, aux institutions financières et aux bailleurs de fonds un référentiel crédible et reconnu, la taxonomie ouvre la voie aux obligations vertes, aux prêts climatiques et aux financements internationaux.
Au-delà son rôle dans la mise en œuvre de la taxonomie, l’Utstd assure également la supervision du cadre national de divulgation extra-financière. En veillant à la cohérence entre les activités économiques et les engagements portés par les Cdn 3.0, elle s’impose comme un pilier de la crédibilité, de la mesurabilité et de la redevabilité de l’action climatique en Côte d’Ivoire.
SOURCE : Fratmat