Le secteur de la microfinance en Côte d’Ivoire vient de franchir une étape majeure. Les principaux acteurs se sont retrouvés ce mercredi 22 avril 2026 à Abidjan-Plateau pour procéder à la signature officielle de la convention collective sectorielle des systèmes financiers décentralisés (Sfd).
Cet acte marque une avancée décisive dans la structuration et la professionnalisation d’un secteur en pleine expansion. La convention lie l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés de Côte d’Ivoire (Apsfd-ci), les organisations syndicales, le patronat, ainsi que les autorités étatiques, notamment la Direction de la Réglementation du Travail.
Elle a pour objectif d’instaurer un cadre formel de gestion des ressources humaines, de consolider la stabilité sociale et d’améliorer la compétitivité de la microfinance. Prenant la parole, le directeur exécutif de l’Apsfd-ci, Cyrille Tanoé, a qualifié l’événement de « moment très important » pour la microfinance ivoirienne.
Selon lui, cette convention traduit « les aspirations partagées » des acteurs du secteur. Il l’a présentée comme un outil essentiel pour préserver la paix sociale, améliorer les conditions de travail et renforcer la performance des institutions, tout en saluant les équipes ayant œuvré à l’élaboration du texte au terme de longues négociations. La présidente de l’Apsfd-ci, Élodie Koffi, a mis en lumière le rôle central de la microfinance dans l’économie nationale.
Avec 45 institutions agréées, plus de 2,5 millions de clients et des encours chiffrés à plusieurs centaines de milliards de Fcfa, le secteur constitue aujourd’hui un levier important de l’inclusion financière. Elle a toutefois reconnu que l’absence d’un cadre social structuré représentait une faiblesse, soulignant que « la fidélisation et la motivation du capital humain sont devenues indispensables », d’où la pertinence de cette convention.
Le processus ayant abouti à cette signature s’est étalé sur plusieurs années. Lancé en 2019, le projet de convention a donné lieu à de nombreuses concertations entre employeurs, travailleurs et pouvoirs publics. Des ateliers de validation, notamment organisés à Grand-Bassam, ont permis de parvenir à un document consensuel, prenant en compte les attentes de l’ensemble des parties prenantes.
Représentant le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, la Directrice des Systèmes Financiers Décentralisés, Hélène Dollo, a salué une « étape déterminante » pour le secteur.
Elle a indiqué que la convention établit un cadre social harmonisé, fixant des normes communes en matière de conditions de travail, de rémunération et de gestion des carrières. Elle a également rappelé l’importance de la microfinance dans la mise en œuvre de la stratégie nationale d’inclusion financière, en particulier en direction des populations vulnérables.
SOURCE : Fratmat