Projet Bad/De la subsistance à l’excédent de production : Le parcours d’un riziculteur à Tabou

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Pendant des années, Coulibaly Soumaïla a peiné à produire suffisamment de riz sur son hectare de terre. La récolte de son champ de bas-fonds à Outouké, dans le district de Tabou, en Côte d’Ivoire, suffisait tout juste à nourrir sa famille, sans qu’il reste quoi que ce soit à vendre.

Membre de l’association des riziculteurs de Tabou, cet homme de 54 ans rêvait d’accroître sa production, mais il ne disposait pas des ressources nécessaires. Un cercle vicieux de pauvreté s’en est suivi : de faibles rendements signifiaient de faibles revenus, ce qui ne permettait pas d’investir dans de meilleures semences ou de meilleurs engrais, perpétuant ainsi les faibles rendements. C’est une histoire que de nombreux agriculteurs ivoiriens connaissent bien.

En 2024, tout a basculé pour M. Coulibaly, grâce au lancement dans sa communauté du projet 2PAU-CI (Programme de production alimentaire d’urgence en Côte d’Ivoire). Financé par un prêt du Groupe de la Banque africaine de développement et mis en œuvre avec l’appui technique de l’ANADER, le projet a fourni à M. Coulibaly et à des milliers d’autres petits exploitants agricoles comme lui, un paquet complet répondant à leurs besoins : des intrants agricoles de haute qualité pour une superficie maximale de 3,5 hectares — des semences de riz GT11, de l’engrais NPK 17-17-17 et de l’urée. À cela s’ajoutaient des conseils d’experts sur les pratiques culturales appropriées et l’application d’engrais, ainsi que la mise en relation avec des acheteurs et des fournisseurs d’intrants fiables.

Les résultats ont été tout à fait remarquables. La production de M. Coulibaly a quintuplé, passant de 0,75 tonne par hectare à 4 tonnes par hectare. Les 3,5 hectares qu’il a cultivés ont produit 14 tonnes de riz paddy; pour la première fois de sa vie d’agriculteur, il avait un excédent de riz à vendre.

12,4 tonnes de ce riz paddy lui ont permis de réaliser, à raison de 300 FCFA le kilogramme, un chiffre d’affaires total de 3720000 FCFA. Après déduction de 800000 FCFA de coûts de production, M. Coulibaly a dégagé un bénéfice net de 2900000 FCFA, un montant inimaginable un an auparavant.

Cet argent lui a permis de réaliser des investissements stratégiques pour moderniser son exploitation et améliorer sa qualité de vie :

  • 160000 FCFA investis dans l’achat d’une vanneuse pour améliorer la qualité et l’efficacité du traitement de son riz paddy.
  • 350000 FCFA mis de côté afin d’acheter des intrants pour la campagne agricole 2025, garantissant ainsi la durabilité de l’exploitation.
  • Achèvement de la construction de sa maison familiale, une villa de quatre pièces qui lui apporte désormais sécurité et dignité
  • 1,6 tonne de riz conservée pour la consommation familiale, assurant ainsi la sécurité alimentaire tout au long de l’année.

Reconnaissant, M. Coulibaly résume ainsi l’impact transformateur du projet.

«Grâce au projet 2PAU-CI, j’ai multiplié ma production par cinq. J’ai pu vendre une partie de ma récolte, construire et achever ma maison, scolariser mes enfants et améliorer l’alimentation de ma famille. J’espère que les intrants nous parviendront à temps et que nous recevrons davantage de matériel, comme des motoculteurs et des batteuses, afin d’améliorer encore notre production», a-t-il déclaré.

Il envisage désormais de poursuivre sa croissance et son expansion : créer une ferme piscicole, installer une rizerie et cultiver du maïs sur les 3,5 hectares pendant l’intersaison. Une réussite partagée par de nombreux autres bénéficiaires du projet, qui illustre la manière dont un soutien agricole stratégique peut briser le cycle de l’agriculture de subsistance et créer une prospérité durable dans les communautés rurales d’Afrique.

 

 

SOURCE : Fratmat

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