Forum des marchés d’Adjamé : 11 milliards de FCFA au cœur d’une vive contestation

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Soumahoro Farikou dénonce une décision « grave, injuste et inéquitable » et exige la transparence.
La tension monte autour du dossier du Forum des marchés d’Adjamé. Faisant un point de presse en urgence le lundi 6 avril 2026, le président du conseil d’administration de la Fédération nationale des acteurs du commerce de Côte d’Ivoire (Fenacci), Soumahoro Farikou, a vigoureusement dénoncé une décision administrative en préparation visant le paiement de 11 milliards de francs Cfa à la Société ivoirienne de concept et de gestion (Sicg).Soumahoro Farikou, a vigoureusement dénoncé une décision administrative en préparation visant le paiement de 11 milliards de francs CFA à la Société ivoirienne de concept et de gestion (Sicg). (dr)

« Le présent point de presse trouve sa justification dans une correspondance qui nous appelle à faire barrage à une décision aux conséquences particulièrement graves, injustes et inéquitables », a-t-il déclaré d’entrée, face aux médias et aux acteurs du commerce.

Derrière cette nouvelle polémique se profile un litige ancien, dont les origines remontent à 1997, avec la signature d’une convention de concession de type Bot entre la mairie d’Adjamé et la Sicg. Mis en service en mars 2001, le Forum des marchés d’Adjamé a ensuite été exploité par le concessionnaire entre 2003 et 2004, avec perception de taxes auprès des commerçants.

Face aux tensions persistantes, l’État décide en juillet 2010 de racheter les droits de concession. Mais le contentieux ne s’éteint pas. En mars 2016, la crise atteint un point critique avec l’intervention des forces de l’ordre sur le site. Deux ans plus tard, en 2018, la Fenacci est saisie par les commerçants qui réclament un audit, conduisant à la mise en place d’un comité interministériel. En 2019, la Primature relance la réhabilitation du marché.

Depuis, aucune communication officielle n’a été faite sur les conclusions de ce comité, jusqu’à la réouverture du dossier en février 2026, avec l’évocation du paiement contesté.

Soumahoro Farikou met en garde contre les conséquences d’un tel décaissement. « Cette décision consacrerait la primauté des intérêts particuliers d’un prestataire sur ceux d’une corporation entière », a-t-il insisté, évoquant un précédent aux effets potentiellement déstabilisateurs pour l’ensemble du commerce ivoirien.

Il a révélé qu’une réunion tenue le 2 avril à la Riviera, en présence de l’agent judiciaire de l’État, de la mairie d’Adjamé et des différentes parties, a acté l’imminence de ce paiement. Une perspective immédiatement rejetée par les commerçants. « La représentante des commerçants a exprimé une opposition ferme à cette orientation », a-t-il souligné.

 

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Des zones d’ombre persistantes

Le président de la Fenacci dénonce un traitement opaque du dossier et soulève plusieurs interrogations restées sans réponse : Quelles suites ont été données aux conclusions du comité de crise ? Où en est le dossier transmis à l’Inspection générale d’État ? Pourquoi un arrêt des écritures n’a-t-il pas été effectué pour établir une situation financière définitive ? « Ces préoccupations exigent des réponses claires dans un souci de transparence », a-t-il martelé.

Au-delà du cas d’Adjamé, Soumahoro Farikou a mis en cause la gestion de plusieurs infrastructures marchandes attribuées à la Sicg. Il cite notamment le marché de Koumassi, « réhabilité après livraison pour être fonctionnel » ; celui de Marcory, « menacé de démolition pour défaillances architecturales » ; les marchés de Bingerville et de Man, « détruits mais non reconstruits à ce jour ». Autant de situations qui traduisent, selon lui, « une récurrence préoccupante des litiges » dans la gestion des marchés.

Un appel à la responsabilité de l’État

Dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés économiques, le président de la Fenacci interpelle les autorités : « Face à ces défis majeurs, l’État doit-il en rajouter en fragilisant davantage les commerçants ? » L’organisation exige : un audit indépendant et contradictoire ; un arrêt des écritures pour établir une situation financière fiable ; une restitution publique et transparente des conclusions.

Soumahoro Farikou appelle également à « l’annulation pure et simple des prétentions du prestataire » et à la mise en œuvre d’une politique de régularisation et de valorisation des espaces marchands.

Prenant soin de préciser qu’il s’exprimait « en qualité de président de la Fenacci et non en tant que maire d’Adjamé », il a annoncé une série d’actions pour défendre les intérêts des commerçants. Pour lui, la relance de ce dossier soulève une question essentielle : « Qu’en est-il de l’ensemble des ressources collectées auprès des commerçants depuis des années ? »

Un enjeu de transparence et de justice qui, selon la Fenacci, conditionne désormais la confiance des acteurs du commerce et la stabilité du secteur en Côte d’Ivoire.

SOURCE : FratMAt

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