Financement du développement de l’Afrique : 400 milliards de dollars de déficit par an

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«Mobiliser les ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté», C’est la thématique des 61e Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) qui se tient à Brazzaville au Congo du 25 au 30 mai 2026.

Selon l’économiste en chef et vice-président chargé du Complexe de la gouvernance économique et de la gestion du savoir à la Banque africaine de développement (BAD) est le professeur Kevin Chika Urama, la thématique de la rencontre de cette année présente dure réalité.

Selon lui, les capitaux se raréfient. Les flux d’aide publique au développement ont diminué, le coût du risque a augmenté, et les chaînes d’approvisionnement sont moins prévisibles.

Pour autant, l’Afrique a besoin de financements à long terme pour l’énergie, la sécurité alimentaire, l’adaptation au changement climatique, les infrastructures et la création d’emplois pour une population croissante et inquiète.

En outre, le déficit de financement du développement du continent s’élève à 400 milliards de dollars par an. Un tel fossé exige des solutions audacieuses.

La question au centre des discussions à Brazzaville est simple : comment l’Afrique peut-elle mobiliser rapidement et à moindre coût des financements à grande échelle pour son développement, en s’appuyant principalement sur ses propres ressources, afin de transformer les atouts et les opportunités du continent, immenses et variés, en projets investissables ayant un impact socio-économique?

Les Assemblées annuelles 2026 sont les premières pour Dr Sidi Ould Tah, qui a pris ses fonctions en tant que neuvième président du Groupe de la Banque africaine de développement en septembre 2025.

L’un des premiers résultats majeurs sous sa direction est la dix-septième reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD-17), qui a eu lieu en décembre dernier à Londres. Il s’agit de 11 milliards de dollars, qualifié de montant record par les économistes.

Le Fonds, guichet concessionnel du Groupe de la Banque, soutient les pays membres africains à faible revenu et fragiles par le biais de prêts à taux préférentiels et de dons. Vingt-quatre pays africains — un nombre record — se sont engagés à hauteur de 182,7 millions de dollars auprès du Fonds.

Il convient de noter que l’Afrique détient environ 4000 milliards de dollars d’épargne dans des fonds de pension, des fonds souverains, ainsi que d’autres mécanismes d’épargne similaires; cependant, ces ressources sont dispersées.

Dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par le président Ould Tah, ces ressources seront mobilisées et optimisées afin de libérer le potentiel financier du continent et, selon ses propres termes, «faire en sorte que chaque dollar soit multiplié par dix».

La NAFAD a reçu, en avril dernier, l’aval des dirigeants et représentants de l’écosystème financier africain à Abidjan, en Côte d’Ivoire, après avoir été adoubée en février par les chefs d’État lors du Sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

La NAFAD s’appuie sur les «Quatre Points cardinaux», la vision stratégique du président du Groupe de la Banque visant à libérer la puissance du capital de l’Afrique, à renforcer sa souveraineté financière, tout en investissant dans le capital humain et les MPME pour soutenir les jeunes et les femmes du continent, et en développant des infrastructures et des chaînes de valeur compétitives. Cette stratégie devrait susciter un vif intérêt à Brazzaville.

Les chefs d’État et de gouvernement, les ministres des Finances, les gouverneurs des banques centrales, ainsi que des dirigeants du secteur privé, du monde de la finance et de la société civile participeront à des réunions consultatives, des séances plénières et des sessions de partage de connaissances.

Les Assemblées annuelles constituent l’événement statutaire le plus important du Groupe de la Banque, au cours duquel les Conseils des gouverneurs, les plus hautes instances de décision et de contrôle de l’institution, examinent les performances de l’année écoulée et définissent les stratégies pour l’avenir.

 

 

SOURCE : Fratmat

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