Côte d’Ivoire-AIP/Inter/ Au Cameroun, un rapport de la Chambre des comptes relève la faible rentabilité des participations de l’État
Abidjan, 09 juil 2026 (AIP) – La Chambre des comptes de la Cour suprême du Cameroun a mis en évidence la faible rentabilité financière des participations de l’État dans les entreprises publiques, selon un rapport technique transmis au Parlement en juin 2026.
Intitulé « Audits des entreprises publiques : cas spécifique de la Société camerounaise d’aluminium (Alucam) », le document indique qu’en 2024, l’État camerounais détenait des participations directes évaluées à 1 926,2 milliards FCFA, pour lesquelles il n’a perçu que 55,85 milliards FCFA de dividendes, soit un rendement de 2,92%, a écrit Cameroun 24 dans un article publié le mercredi 8 juillet.
Le rapport souligne que ce rendement est inférieur à celui qu’aurait procuré un placement financier au taux moyen de 6,5%, estimant qu’un tel investissement aurait généré près de 150 milliards de FCFA.
Selon les magistrats, l’État contrôle 38 entreprises représentant des participations de 1 534,58 milliards FCFA et détient des parts dans 12 autres entreprises non contrôlées, pour une valeur de 391,64 milliards FCFA. Toutefois, seules neuf entreprises ont versé des dividendes en 2024.
La Société nationale des hydrocarbures (SNH) et la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) concentrent à elles seules 41,43 milliards de FCFA de dividendes, soit près de 74% du montant total reversé à l’État. Les autres contributions proviennent notamment de la SCB, de la SGC, de la Socapalm, ainsi que de DPDC, BGFI Bank, Africa Re et ADC.
Le rapport s’attarde également sur la Société nationale d’investissement (SNI), qui gère des participations indirectes de l’État dans 38 entreprises pour une valeur de 36,5 milliards FCFA. La Chambre des comptes relève que cette société n’a versé aucun dividende à l’État depuis plus de dix ans, malgré un report à nouveau créditeur de 9,7 milliards FCFA.
Tout en rappelant que les participations publiques répondent aussi à des objectifs stratégiques, sociaux et de souveraineté économique, les auteurs du rapport jugent leur rentabilité financière « très peu rentable ». Ils recommandent une meilleure gouvernance du portefeuille public, un suivi renforcé des performances et une clarification des objectifs assignés aux entreprises détenues par l’État.
(AIP)