Conflits au Moyen-Orient : l’Afrique menacée d’un ralentissement de sa croissance en 2026, selon un rapport UE-BAD-CEA-PNUD

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Abidjan, 17 avr 2026 (AIP) – Les crises en cours au Moyen-Orient pourraient freiner la reprise économique du continent africain, avec une perte estimée à 0,2 point de pourcentage de croissance en 2026, selon un rapport conjoint présenté mardi 15 avril à Washington.

 

Intitulé « Impacts du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines », ce document est le fruit d’une collaboration entre la Commission de l’Union africaine, le Groupe de la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Le rapport souligne que les économies africaines, encore fragilisées par les effets du Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne et des tensions commerciales, figurent parmi les plus exposées aux répercussions des conflits au Proche-Orient.

Présentant le document en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, l’économiste en chef du Groupe de la Banque africaine de développement, Kevin Urama, a mis en garde contre les perturbations liées notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz, un point névralgique du commerce mondial.

Les auteurs du rapport identifient plusieurs canaux de transmission de cette crise vers l’Afrique, notamment la flambée des prix des hydrocarbures, des denrées alimentaires et des engrais, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la volatilité des marchés financiers et de change.

Selon le secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, 80 % du pétrole importé en Afrique et 50 % du pétrole raffiné proviennent de cette région, accentuant la vulnérabilité énergétique du continent. Il a ajouté que 31 pays africains subissent déjà une dépréciation de leur monnaie.

Malgré ces chocs, la commissaire de l’Union africaine chargée de l’Économie, Francisca Tatchouop Belobe, a souligné la résilience du continent face aux crises successives.

Pour atténuer les effets de ces tensions, le rapport recommande aux gouvernements africains d’éviter toute réaction précipitée susceptible de fragiliser les équilibres macroéconomiques. Il préconise notamment une gestion rigoureuse de l’inflation, une discipline budgétaire stricte, un meilleur contrôle de la dette et une utilisation stratégique des réserves énergétiques.

Les experts déconseillent par ailleurs les subventions généralisées, jugées coûteuses à long terme, et encouragent la diversification des sources d’approvisionnement en énergie et en produits alimentaires, ainsi que le renforcement du commerce intra-africain.

Le document insiste également sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), de mobiliser davantage de ressources internes et d’investir dans les énergies renouvelables pour renforcer l’indépendance énergétique du continent.

La vice-secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed, a appelé à préserver les acquis du développement et à maintenir le cap des Objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Pour la vice-présidente principale du Groupe de la Banque africaine de développement, Marie-Laure Akin-Olugbagde, une coordination internationale renforcée et une réponse rapide sont indispensables pour faire face à ces chocs.

Abondant dans le même sens, la directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique, Ahunna Eziakonwa, a plaidé pour une accélération des investissements dans les solutions locales, notamment dans les secteurs de l’énergie, du numérique et de l’innovation, afin de renforcer la résilience du continent.

(AIP)

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