Tunisie: suspension du boycott des examens

0 12

La Fédération de l’enseignement secondaire en Tunisie a levé le boycott des évaluations du second trimestre, sans clore le conflit social qui l’oppose aux autorités éducatives, ni renoncer à la pression syndicale.

La commission administrative sectorielle de l’enseignement secondaire a annoncé, mardi 3 février 2026, la suspension de sa décision de boycotter les examens et évaluations du second trimestre, adoptée le 16 novembre 2025. L’annonce a été faite par Mohamed Safi, secrétaire général de la Fédération générale de l’enseignement secondaire, structure relevant de Union générale tunisienne du travail.

Cette décision intervient dans un climat de tensions persistantes entre les enseignants et les autorités éducatives, sur fond de revendications sociales, salariales et organisationnelles non satisfaites. Le syndicat insiste sur le caractère provisoire et conditionnel de cette suspension, présentée non comme un recul, mais comme un ajustement stratégique.

À l’origine du mouvement, la Fédération avait dénoncé une crise qu’elle qualifie de structurelle du secteur de l’enseignement secondaire. Elle pointe une dégradation continue des conditions de travail, marquée par l’état des infrastructures scolaires, le manque d’enseignants et d’encadrement pédagogique, ainsi que l’érosion du pouvoir d’achat sous l’effet de l’inflation. Le syndicat accuse également l’État de porter atteinte au droit syndical et de se soustraire à des engagements antérieurs.

Les accords signés les 9 février 2019 et 23 mai 2023, qui prévoyaient notamment des revalorisations salariales et des mesures administratives en faveur du personnel enseignant, sont au cœur du contentieux. Selon la Fédération, leur non-application alimente un climat de défiance durable et fragilise la stabilité du secteur éducatif.

Face à l’absence, jugée persistante, d’un dialogue substantiel avec le ministère de l’Éducation, la Fédération avait décidé de boycotter l’ensemble des formes d’évaluation dès le second trimestre. Cette décision concernait aussi bien les interrogations orales que les devoirs surveillés, les travaux pratiques et les examens, et s’accompagnait de l’annonce d’un rassemblement national devant le ministère durant les vacances du premier trimestre.

Le maintien de ce boycott aurait fortement perturbé le calendrier scolaire, alors que les contrôles du second trimestre doivent, selon les échéances officielles, être achevés avant le 14 février, avec des périodes de synthèse programmées entre le 23 février et le 7 mars. C’est dans ce contexte que la direction syndicale a opté pour une suspension qualifiée de « responsable ».

Mohamed Safi a expliqué que cette décision vise à préserver à la fois les droits des enseignants et l’intérêt des élèves, sans désamorcer la mobilisation. La Fédération a ainsi annoncé une série de grèves régionales échelonnées sur trois jours, dans le Nord le 11 février, le Centre le 17 février et le Sud le 19 février, tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue.

La suspension du boycott des examens ne marque donc pas la fin du bras de fer social, mais traduit une tentative de concilier pression syndicale et continuité pédagogique, dans l’attente de réponses concrètes des autorités aux revendications du secteur.

SOURCE:APANew

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.