Gestion des eaux transfrontalières : La Côte d’Ivoire se dote d’une stratégie pour relever les défis de demain
La Côte d’Ivoire poursuit son engagement en faveur d’une gestion durable des ressources en eau en franchissant une nouvelle étape décisive.
Réunis les 2 et 3 juin 2026 à Cocody, les acteurs du secteur de l’eau, sous l’égide du ministère des Eaux et Forêts, participent à un atelier consacré à l’élaboration de la stratégie et du plan de mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux.
Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de l’adhésion de la Côte d’Ivoire à cette convention internationale, le 10 juillet 2024.
L’objectif est d’adapter cet instrument juridique aux réalités nationales afin de renforcer la gouvernance de l’eau, la coopération transfrontalière et la gestion intégrée des ressources hydriques.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre des Eaux et Forêts, Konan Assahoré Jacques, le Conservateur général Zouzou épouse Maillet Elvire Joëlle, directrice de cabinet du ministre, a souligné l’importance de cette initiative. Selon elle, cet atelier marque « une étape importante dans la concrétisation des engagements pris par notre pays en matière de gouvernance de l’eau et de coopération transfrontalière ».
Elle a rappelé que la vision de la Côte d’Ivoire est de faire de l’eau un levier de paix, de sécurité, de résilience face aux changements climatiques et de développement durable, en cohérence avec l’Agenda 2030 et les Objectifs de développement durable (ODD).
La directrice de cabinet a également mis en avant les nombreux défis auxquels le pays est confronté. « Sous l’effet de la croissance démographique, de l’urbanisation, du développement des activités économiques et des changements climatiques, la pression sur nos ressources en eau s’accentue », a-t-elle indiqué. Dans ce contexte, une gestion concertée des cours d’eau transfrontaliers apparaît essentielle pour garantir la sécurité hydrique et alimentaire, préserver les écosystèmes et renforcer la stabilité des territoires.
Pour le directeur général des Ressources en eau, Dr Yéo Eugène, la convention constitue un outil juridique majeur susceptible d’améliorer significativement la gestion intégrée des ressources en eau en Côte d’Ivoire. Il a notamment relevé les défis liés à la pollution et à la qualité des eaux qui nécessitent des réponses adaptées et coordonnées.
De son côté, Dr Komlan Sangbana, représentant des Conventions des Nations Unies sur l’eau et point focal pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a insisté sur la nécessité de bâtir un mécanisme répondant aux besoins spécifiques de la Côte d’Ivoire. Quant à Kouassi Alexis, représentant de la CEDEAO, il s’est félicité de pouvoir accompagner le pays dans ce processus stratégique visant à honorer ses engagements internationaux.
À l’issue de cet atelier, les contributions des différents acteurs serviront de base à une étude dont la finalisation est prévue dans un délai de quatre à cinq mois. Une démarche qui pourrait renforcer durablement la coopération régionale et la gestion des ressources en eau partagées.
(FRATMAT)