Du 14 août au 5 septembre 2026, la communauté atchan célèbre le Fachwé à Attécoubé, Santé village, un rite de passage qui conjugue transmission culturelle, cohésion sociale et innovation. La grande sortie officielle est prévue le 27 août.
En pays atchan (Ébrié), la tradition n’est pas figée. Elle évolue avec son époque et entend contribuer aux réponses apportées aux défis de la société moderne. C’est tout le sens du Fachwé 2026, qui se déroule sous l’impulsion de la génération Bhleswe-MƆndu.
Considéré comme l’une des grandes étapes de la vie sociale atchan, le Fachwé marque la consécration d’une génération et son accession à la maturité sociale et décisionnelle. À l’image du Poro en pays sénoufo, il constitue un moment majeur de transmission des valeurs, de responsabilisation et de cohésion communautaire.
Cette année, la génération Bhleswe-MƆndu est appelée à prendre officiellement le relais de la génération Tchagba, actuellement à la tête de la chefferie. Placée sous le thème « Solidarité – Valorisation culturelle – Résilience et innovation : l’identité N’KRA DALÒ face aux défis du futur », cette édition rassemble la communauté de Bijan-Santai autour d’une ambition : faire de la tradition un levier de développement.
L’édition 2026 bénéficie du soutien de plusieurs personnalités et institutions. Le haut patronage est assuré par Robert Beugré Mambé, Premier ministre et chef du gouvernement. Le parrainage ministériel revient à Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, tandis que Siandou Fofana, ministre du Tourisme et des Loisirs, assure la présidence. Ibrahim Cissé Bacongo, ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, et Danho Paulin, vice-gouverneur et député-maire d’Attécoubé, apportent également leur soutien à l’événement. Kandia Kamissoko Camara, présidente du Sénat, est la marraine d’honneur, tandis que Sabine Moya Gourmanon, députée et présidente des Femmes atchan de Côte d’Ivoire, en est la marraine. Le Musée des Civilisations de Côte d’Ivoire apporte, pour sa part, son soutien scientifique.
La tradition au service de la jeunesse
Loin d’une simple célébration folklorique, le Fachwé 2026 repose sur plusieurs axes. Il s’agit notamment de renforcer la fraternité entre les villages de la phratrie Bijan et leur allié Djepo n°1, de préserver le patrimoine immatériel et de valoriser la gastronomie traditionnelle.
Les courses de pirogues, la découverte de mets tels que le Cucu, Pâpaâ, Bito, Mèdènon et Muntu, ainsi que l’apprentissage de la langue ésotérique Achô, participent à cette volonté de transmission. Mais la génération Bhleswe-MƆndu veut également répondre aux réalités d’une Abidjan en pleine transformation. Des conférences communautaires et des ateliers d’insertion socio-professionnelle sont prévus, avec un accent particulier sur la jeunesse et les nouvelles technologies.
Deux initiatives pour préparer l’avenir
Parmi les innovations majeures figure la création de la Maison numérique « N’Kra Gbongba Dalò », conçue comme un espace d’incubation et de formation aux métiers du numérique, notamment l’infographie, le montage vidéo, le design graphique et la muséographie. Autre initiative : un programme de financement destiné à 150 foyers, dont 100 femmes et 50 jeunes, afin de favoriser la création d’activités génératrices de revenus et de renforcer l’autonomie économique des familles.
À travers ces actions, le Fachwé entend ainsi contribuer aux Objectifs de développement durable, notamment les Odd 4, 8 et 11, relatifs respectivement à l’éducation, au travail décent et à la construction de communautés durables. Le calendrier prévoit notamment, le samedi 22 août, l’ouverture du Fachwé (N’dêgo) et les processions solennelles.
Le temps fort de cette édition interviendra le jeudi 27 août, avec la grande cérémonie officielle, marquée par les libations, les allocutions, les danses guerrières et le défilé des symboles. Du patrimoine ancestral aux métiers du numérique, le Fachwé 2026 veut démontrer qu’une tradition vivante peut aussi être un outil d’éducation, de solidarité et de développement.
