L’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) entend intensifier la lutte contre les produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés (PMQIF), ainsi que contre les produits cosmétiques dangereux. À l’ouverture de la deuxième réunion 2026 de la Plate-forme nationale de lutte contre les PMQIF, le vendredi 3 juillet à Abidjan, son Directeur général, Dr Assane Coulibaly, a appelé à une mobilisation générale face à ce phénomène qui menace la santé publique.
« Le médicament falsifié n’est pas une simple contrefaçon commerciale. c’est une arme invisible qui trompe la confiance des familles et ôte des vies sous le couvert d’une promesse de guérison », a déclaré le Directeur général de l’AIRP. Selon lui, le trafic des faux médicaments connaît une mutation avec l’essor du numérique. Les réseaux sociaux et les plateformes de vente en ligne sont désormais utilisés comme de véritables circuits de distribution, compliquant davantage les opérations de contrôle. Dr Assane Coulibaly a également tiré la sonnette d’alarme sur la prolifération des produits cosmétiques non conformes, en particulier les produits dépigmentants contenant des substances dangereuses comme l’hydroquinone. Il a rappelé que, conformément à la loi n°2017-541 du 3 août 2017 relative à la régulation du secteur pharmaceutique, l’AIRP est compétente non seulement pour les médicaments, mais également pour l’ensemble des produits de santé, notamment les produits cosmétiques, les compléments alimentaires et les médicaments à base de plantes.
Dans cette dynamique, une vaste campagne nationale de déclaration des produits cosmétiques, menée d’octobre 2024 à mars 2025, a permis de recenser 11 849 produits déclarés par 1 140 opérateurs économiques. « Nous sommes aujourd’hui dans la phase post-campagne qui consiste à analyser les dossiers, construire une base de données fiable et assainir durablement le marché », a expliqué le Directeur général. Il a, par ailleurs, mis en garde les distributeurs et commerçants contre la commercialisation de produits non autorisés. « Vendre des produits de dépigmentation non homologués, c’est s’exposer à la loi », a-t-il prévenu, tout en précisant que l’AIRP n’a mandaté aucune structure privée pour collecter des fonds en vue de l’enregistrement des produits. Pour faire face à ce fléau, l’AIRP s’appuie sur une plateforme nationale regroupant les administrations publiques, les forces de sécurité, les Douanes, Interpol, le ministère de la Justice, l’Ordre national des pharmaciens, les grossistes-répartiteurs, les industriels pharmaceutiques et plusieurs organisations professionnelles. Au cours de cette deuxième réunion de la Plate-forme nationale de lutte contre les PMQIF, les participants examinent le bilan des opérations menées au premier semestre 2026 et définissent de nouvelles stratégies de coordination afin de renforcer la surveillance du marché des médicaments, des compléments alimentaires et des produits cosmétiques.
Représentant le ministre de la Santé, Pierre Dimba, la conseillère technique chargée des questions pharmaceutiques, le Dr Assouan Marie, s’est félicitée des résultats obtenus grâce à la synergie d’action entre les différentes institutions impliquées. régularisation a permis d’identifier 11 849 produits, déclarés par 1 140 acteurs locaux et importateurs.
SOURCE : Fratmat