« Réussir la proximité et la redevabilité : service public visible, lisible, contestable, améliorable », tel est le thème du panel animé le jeudi 25 juin 2026, au Palais de la culture de Treichville, dans le cadre des Journées nationales du service public (Jnsp 2026).
Le directeur général de la transformation et du service public, Dr Auguste Yéboué, l’un des panelistes, a rappelé que le comportement du fonctionnaire vis-à-vis de l’administration et des usagers est structuré par un texte de loi: le Statut général de la Fonction publique. « Il est précisé que le fonctionnaire doit servir avec loyauté, dignité, intégrité et dévouement l’administration », a-t-il indiqué.
Le fonctionnaire qui interagit avec l’usager d’une certaine façon dit-il, doit faire en sorte que ce dernier soit satisfait; que le service soit produit et faire en sorte d’entretenir une relation avec ledit client.
En effet, pour une meilleure proximité avec l’usager, il est nécessaire que le fonctionnaire tienne entre autres compte de l’accueil, la capacité à communiquer à distance et du maintien de la relation. « De façon pratique, au sein de notre ministère, nous expérimentons déjà cet exercice. Pour la cible fonctionnaire le ministère a mis en place le centre de relation usager client », a déclaré Dr Auguste Yéboué. Il a aussi précisé que ce centre sert également d’intermédiaire entre le fonctionnaire et l’administration pour traiter les préoccupations et surtout d’échanger avec l’usager pour savoir s’il a été satisfait.
Intervenant également sur le thème, Dr Benjamin Yéo, a pour son part, rappelé que les reformes de l’administration ivoirienne datent de l’indépendance. « C’est l’héritage colonial que nous avons, c’est-à-dire que notre administration a été construite pour gêner des sujets et non des citoyens. Les premières réformes datent de 1957 et en 1964 nous avons eu le premier Statut de la fonction publique jusqu’en 1990 avec la construction de l’administration », a-t-il expliqué.
Faire du citoyen l’ami du secteur public, dit-il, revient à inverser la tendance et la dénonciation fait partie des outils pour inverser cette tendance. « Avec une administration conçue pour diriger les sujets, l’agent public aura-t-il le courage de dénoncer une pratique qu’il aurait constaté autour de lui ? », s’est-il interrogé, précisant que pour dénoncer, il faut que le citoyen soit sûr qu’il n’y aura pas de représailles.
Il est donc difficile pour un fonctionnaire de dénoncer son supérieur hiérarchique. « Il faut que l’administration ait ses plateformes pour sensibiliser les citoyens. Elle doit utiliser ces plateformes-là plutôt que les réseaux sociaux pour dénoncer les pratiques malsaines. L’administration doit se rapprocher du citoyen par la sensibilisation », a-t-il conseillé.
SOURCE : Fratmat