Arrivé à Abidjan le 6 août, le patron de l’OMS a été accueilli par le ministre de la Santé, Pierre Dimba, et la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur, Kaba Nialé. Sa première étape a été une audience avec le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, qui a mis en avant une coopération jugée exemplaire entre la Côte d’Ivoire et l’organisation onusienne.
Des progrès qui confortent l’ambition ivoirienne
La coopération sanitaire a notamment permis d’accompagner les efforts du pays dans la préparation et la réponse aux épidémies, le renforcement des ressources humaines et l’amélioration des infrastructures sanitaires. Lors des différents échanges, l’ambition de positionner la Côte d’Ivoire comme un pôle sanitaire régional a également été réaffirmée.
Le Directeur général de la Santé, Prof. Mamadou Samba, a présenté plusieurs indicateurs jugés encourageants. Près de 25 millions de personnes sont désormais enrôlées dans la Couverture maladie universelle (CMU), tandis que 97 % des établissements publics de santé sont intégrés au dispositif. À ces avancées s’ajoutent la baisse de la mortalité maternelle et la montée en puissance des pôles régionaux de santé.
Le dîner de travail organisé par le ministère de la Santé a toutefois permis de rappeler les défis qui restent à relever. Il s’agit notamment d’assurer une répartition plus équitable du personnel de santé, de garantir la disponibilité des intrants essentiels et d’améliorer davantage la qualité des données sanitaires.
Vers une production locale de médicaments
Face à ces défis, le Dr Tedros a salué les efforts de gouvernance et la rigueur budgétaire engagés par les autorités ivoiriennes. Il a surtout réaffirmé la disponibilité de l’OMS à accompagner le pays dans sa marche vers le niveau 3 de maturité pharmaceutique, ainsi que dans le développement de la production locale de médicaments.
Cette perspective revêt un enjeu stratégique dans un contexte où la souveraineté sanitaire et la capacité des pays africains à produire localement médicaments et autres produits de santé sont devenues des priorités.
Des structures sanitaires qui font référence
La visite de terrain effectuée par le Directeur général de l’OMS a également permis de mesurer concrètement les résultats enregistrés. Au centre communautaire d’Angré, qui dessert quelque 80 000 habitants, le Dr Tedros s’est notamment intéressé aux performances enregistrées dans la prise en charge de la santé maternelle. L’absence de décès maternels depuis plusieurs années y a particulièrement retenu son attention.
Au CHU d’Angré, certifié ISO 9001, il a salué une organisation qu’il a jugée remarquable à l’échelle africaine. Au CHU de Cocody, notamment au pôle gynéco-obstétrique et pédiatrique, il a pu constater les effets de l’intégration des services sur l’amélioration de la prise en charge et la réduction de la mortalité.
« La certification ISO mérite d’être partagée dans toute la région », a déclaré le Directeur général de l’OMS, réaffirmant le soutien de son organisation à la Côte d’Ivoire.
Une coopération appelée à se renforcer
Au terme de cette visite, la Côte d’Ivoire apparaît ainsi comme un partenaire sanitaire majeur pour l’OMS en Afrique de l’Ouest. Les résultats enregistrés dans la CMU, la qualité de certaines infrastructures, les efforts en matière de santé maternelle et l’approche « Une seule santé » constituent autant d’atouts pour concrétiser l’ambition d’un hub sanitaire régional.
La visite du Dr Tedros aura finalement revêtu une double portée : celle d’une reconnaissance internationale des avancées ivoiriennes et celle d’un engagement renouvelé de l’OMS à accompagner le pays dans la transformation de son système de santé.