Abidjan, 18 juin 2026 (AIP) – Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a alerté mercredi 17 juin 2026 sur les conséquences de la dégradation des terres sur la sécurité alimentaire en Côte d’Ivoire, appelant les populations à adopter des pratiques durables de gestion des terres et des pâturages.
Dans une déclaration lue à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse (JLMCDS), le ministre Abou Bamba a indiqué que la dégradation des terres, provoquée notamment par les effets du changement climatique, la culture sur brûlis, la déforestation, l’utilisation excessive d’intrants chimiques et l’orpaillage illégal, affecte de plus en plus les capacités de production agricole du pays.
Selon lui, cette situation a contribué à une baisse des rendements agricoles, particulièrement dans les cultures vivrières, accentuant la dépendance alimentaire du pays vis-à-vis de l’extérieur.
« En 2025, les importations alimentaires en Côte d’Ivoire ont atteint près de 2 000 milliards de FCFA, causant la hausse des prix des denrées alimentaires et l’insécurité alimentaire dans près du tiers des régions du pays », a souligné le ministre en charge de l’environnement.
Il a relevé que le thème mondial de cette édition, « Pâturages : reconnaître, respecter, restaurer », met en lumière l’importance des parcours pastoraux dans la résilience climatique, la sécurité alimentaire et hydrique ainsi que la conservation de la biodiversité. Ces espaces naturels utilisés pour l’alimentation des troupeaux couvrent plus de la moitié des terres émergées de la planète et assurent les moyens de subsistance de plus de deux milliards de personnes, selon les Nations Unies.
Dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire a retenu comme thème national « Gestion rationnelle des pâturages pour une durabilité des terres », afin de promouvoir une meilleure gestion des ressources pastorales et prévenir la dégradation des sols.
Abou Bamba a rappelé que cette journée vise à sensibiliser les populations aux effets de la désertification et de la sécheresse, mais aussi à promouvoir des solutions fondées sur la participation communautaire et la coopération entre les acteurs.
Parmi les bonnes pratiques préconisées figurent le pâturage tournant, le développement des cultures fourragères, l’aménagement des zones pastorales, la sécurisation foncière ainsi que la mise en œuvre de la Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture (PONADEPA 2022-2026).
Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique a également cité le développement des vergers d’anacardiers, estimés à plus de 1,6 million d’hectares au niveau national, comme une contribution à l’atténuation des effets des changements climatiques sur les sols et la déforestation.
Rappelant l’engagement de la Côte d’Ivoire au titre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, M. Abou Bamba a affirmé que la neutralité en matière de dégradation des terres demeure un objectif atteignable à condition que chaque acteur, à son niveau, participe aux efforts de préservation et de restauration des terres.
« Nos contributions individuelles et collectives seront essentielles pour atteindre les résultats escomptés et garantir le bien-être des populations dépendantes des ressources en terres et en eau », a-t-il conclu.
(AIP)