Côte d’Ivoire-AIP/ Le préfet alerte sur la dégradation de la qualité de l’eau potable liée à l’orpaillage clandestin à Agboville

Agboville, 04 août 2026 (AIP) – Le préfet de région de l’Agnéby-Tiassa, préfet du département d’Agboville, Sihindou Coulibaly, a réuni en urgence, lundi 3 août 2026, les chefs de villages et de quartiers, les sous-préfets et les responsables des services techniques pour faire face à la dégradation de la qualité de l’eau potable distribuée dans plusieurs localités du département.

Selon les premières investigations, la forte turbidité observée dans les réseaux d’Agboville, de Grand-Morié, d’Attobrou et des villages de Yapo serait liée aux activités d’orpaillage clandestin dans le Moronou, où le fleuve Agbo prend sa source.

« Depuis vendredi dernier (31 juillet), nous avons constaté un changement total de la couleur de l’eau. Les images des drones des Eaux et Forêts montrent que l’eau n’est pas potable car elle contient du cyanure », a déclaré le préfet.

Tout en rappelant les importants investissements consentis par l’État pour améliorer l’accès à l’eau potable dans la région, estimés à près de 50 milliards de FCFA, dont 27 milliards pour le département d’Agboville, M. Coulibaly a dénoncé les conséquences de l’exploitation illégale de l’or sur la ressource en eau.

« Près de 5 000 km de canalisations ont été posés dans le sous-sol. Le coût de l’abonnement a été ramené de 163 000 à 10 000 francs CFA. Nous avons déjà enregistré plus de 7 000 nouveaux abonnements », a-t-il indiqué, avant de déplorer que « malgré tous ces efforts, l’orpaillage illégal en amont continue de polluer la ressource ».

Le chef de l’antenne régionale de l’Office national de l’eau potable (ONEP), Soro Nahoua, a révélé que les analyses font état d’un « taux de turbidité de 850, alors que la norme est de 5 unités », précisant que « les métaux utilisés sont le mercure et le cyanure, responsables de cancers et de troubles respiratoires ».

Il a également mis en garde contre les risques de maladies hydriques. « La consommation de cette eau peut provoquer la typhoïde et le choléra. Avec la montée des eaux du fleuve, si les populations se rabattent sur les puits, nous risquons une épidémie de maladies hydriques », a-t-il averti.

Dans l’attente des résultats des analyses du Laboratoire national d’appui au développement agricole (LANADA), les autorités recommandent de privilégier l’eau embouteillée ou celle des forages privés, de traiter l’eau des puits avant consommation et prévoient un approvisionnement par camions-citernes. Une nouvelle opération des Eaux et Forêts est également annoncée pour identifier et démanteler les sites d’orpaillage clandestin.

(AIP)

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