Droits humains et environnement : 20 ans après le Probo Koala, le CNDH appelle à une justice durable

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Devant les instances des Nations unies, le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) de Côte d’Ivoire a plaidé en faveur d’une meilleure prise en compte des conséquences des substances toxiques et des déchets dangereux sur les droits humains dans les pays en développement. Par la voix de son président, le Dr Adjelou Christian Arnaud, l’institution ivoirienne a replacé le drame du Probo Koala au cœur d’une réflexion plus large sur la justice environnementale, vingt ans après les faits.

Un traumatisme national toujours présent

C’était en août 2006. Le déversement des déchets toxiques du Probo Koala à Abidjan et dans plusieurs localités avait provoqué de nombreuses intoxications et suscité de graves préoccupations environnementales et sanitaires. Vingt ans plus tard, le CNDH estime que les conséquences du drame restent d’actualité. L’institution continue de recevoir des saisines portant notamment sur la gouvernance des indemnisations, l’exécution des décisions de justice et l’accès des victimes à des soins spécialisés.

« Le stockage, le déversement et la prolifération de ces produits constituent une atteinte directe à la dignité humaine », a rappelé le Dr Adjelou. Selon lui, un drame environnemental peut produire des effets sur les droits humains bien au-delà de la crise initiale.

De nouvelles menaces

Au-delà du Probo Koala, le président du CNDH a attiré l’attention sur plusieurs risques actuels. Il a cité l’orpaillage clandestin et l’utilisation du mercure et du cyanure, les déchets électroniques dont le traitement artisanal peut exposer les populations à des substances dangereuses, ainsi que les pesticides obsolètes stockés dans certaines zones agricoles.

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L’institution ivoirienne a également plaidé pour la continuité du mandat du Rapporteur spécial des Nations unies sur les conséquences pour les droits de l’homme de la gestion et de l’élimination écologiquement rationnelles des substances et déchets dangereux. Le CNDH considère ce mécanisme comme un outil de suivi, d’alerte et de coopération entre les États.

Des mécanismes nationaux

En Côte d’Ivoire, le CNDH met en avant plusieurs dispositifs, notamment un département consacré à l’Environnement et au Changement climatique, un « Mécanisme Victimes » associant société civile et secteur privé, ainsi que ses 31 commissions régionales chargées de recueillir les requêtes sur le territoire.

L’institution cite également plusieurs dossiers suivis ces dernières années, dont l’affaire Kraffy en 2020, liée à une fuite de gaz sur une plateforme pétrolière, et l’affaire Zimrida en 2025, concernant l’arrivée à Abidjan d’un navire transportant du sulfate d’ammonium.

Cinq axes de plaidoyer

Le CNDH articule enfin son plaidoyer autour de cinq priorités : la responsabilité des institutions, la redevabilité des entreprises, la protection des défenseurs de l’environnement, l’accès des victimes à la réparation et le renforcement du cadre réglementaire.

Il appelle notamment à une application rigoureuse des conventions internationales relatives aux déchets dangereux, au financement d’une transition vers une économie circulaire sûre et à la mise en place de mécanismes durables d’accompagnement des victimes.

« La dégradation durable de l’environnement fragilise directement les droits fondamentaux », a conclu le Dr Adjelou, estimant que, quelle que soit l’évolution du mandat du Rapporteur spécial, les exigences de justice, de responsabilité et de protection internationale doivent demeurer.

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