La cause kabyle à la Knesset : Alger pris à son propre jeu ?

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Un peu plus d’un mois après la proclamation de l’indépendance de la République fédérale de Kabylie à Paris, la question kabyle franchit un seuil politique inédit avec son inscription officielle à l’ordre du jour de la Knesset israélienne, révélant les contradictions profondes de la diplomatie algérienne.

Selon une vidéo publiée par Cap Kabylia sur sa page Facebbok, le momentum marque une rupture stratégique majeure dans l’évolution du dossier kabyle. Longtemps cantonnée par Alger au registre sécuritaire et à une négation institutionnelle, la revendication kabyle accède désormais à une scène parlementaire étrangère, dans un cadre officiel, documenté, une évolution contre de la politique algérienne de containment, fondée sur la répression interne et la diplomatie d’obstruction.

L’initiative portée à la Knesset par le député israélien Dan Illouz et plusieurs parlementaires issus de sensibilités politiques différentes ne constitue pas une reconnaissance formelle à ce stade, mais elle installe la Kabylie comme objet politique international. Pour la première fois, l’indépendance kabyle n’est plus seulement dénoncée par Alger comme une « manipulation étrangère », mais examinée dans un cadre institutionnel souverain par un État tiers. Pour le pouvoir algérien, cette évolution représente un revers symbolique majeur.

Comme le souligne le média, Le360, cette irruption de la question kabyle dans un parlement étranger agit comme un révélateur des incohérences algériennes. Le régime d’Alger, qui s’est érigé en promoteur inflexible du droit à l’autodétermination au Sahara marocain, découvre brutalement que ce principe ne se fragmente pas à géométrie variable. En soutenant activement des séparatismes hors de ses frontières tout en criminalisant toute revendication identitaire interne, l’Algérie s’expose à un retour de flamme diplomatique qu’elle ne maîtrise plus.

Les réactions algériennes, prévisibles et virulentes, peinent à masquer une impasse stratégique. La disqualification systématique du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), les arrestations de militants, les lourdes condamnations judiciaires et la fermeture de l’espace politique n’ont pas empêché la cause kabyle de franchir les frontières. Au contraire, cette politique de répression a contribué à internationaliser le dossier en nourrissant un récit de marginalisation et de déni des droits culturels et politiques.

Dans ce contexte, la diplomatie algérienne se retrouve plus isolée, enfermée dans une logique de confrontation permanente, où elle peine de produire un discours crédible face à des démarches désormais institutionnalisées. La comparaison avec le Maroc, régulièrement invoquée par les acteurs israéliens et kabyles, accentue ce malaise.

L’inscription de la Kabylie à l’agenda de la Knesset ne préjuge pas d’une reconnaissance imminente, mais elle installe un précédent. Dans les dynamiques contemporaines d’autodétermination, chaque débat parlementaire, chaque prise de position officielle, chaque mention institutionnelle constitue un jalon cumulatif. C’est précisément cette mécanique que redoute Alger, car elle échappe aux instruments classiques de pression et de disqualification.

Comme l’analyse Le360, la séquence israélienne agit comme un miroir brutal tendu au régime algérien. Elle révèle les limites d’une diplomatie fondée sur l’exportation des conflits, le déni des identités internes et la politisation sélective du droit international. La question kabyle, désormais installée dans les arènes institutionnelles internationales, pourrait bien devenir le symbole le plus éclatant de cette contradiction algérienne.

SOURCE:APANews

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