Le président tunisien a dénoncé l’état des infrastructures et du logement, appelant à une réforme en profondeur, dans un discours qui met en lumière les dysfonctionnements chroniques mais interroge sur les leviers concrets de mise en œuvre.
Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé lundi à une refonte en profondeur des politiques d’infrastructure et de logement, lors d’une réunion tenue au palais de Carthage avec la cheffe du gouvernement Sarra Zaâfrani Zenzri et le ministre de l’Équipement et de l’Habitat Salah Zouari, selon un communiqué de la présidence.
Au cours de cet entretien, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de traiter ce qu’il a qualifié de « lourd héritage » accumulé au fil des années, en particulier dans les secteurs de l’infrastructure et du logement. Il a dressé un constat sévère de la situation dans plusieurs quartiers résidentiels, évoquant des infrastructures inachevées ou dégradées, l’absence d’entretien des réseaux d’assainissement et des systèmes d’évacuation des eaux pluviales, ainsi qu’une accumulation anarchique des déchets, symptômes persistants d’une gouvernance urbaine défaillante.
S’agissant du réseau routier, Kaïs Saïed a dénoncé une gestion jugée incohérente des priorités publiques. Il a pointé des routes réhabilitées « sans réelle nécessité », alors que d’autres axes, plus stratégiques, demeurent dans un état de dégradation avancée nécessitant, selon lui, une intervention urgente, voire une reconstruction totale. Une critique qui renvoie à des choix budgétaires contestés et à l’absence de planification à long terme.
Le président est également revenu sur des dysfonctionnements touchant des services publics de base, affirmant être intervenu personnellement pour ordonner la remise en service de lampadaires d’éclairage public et le remplacement de pièces défectueuses de camions-citernes dans un quartier de la capitale. Ces interventions directes, mises en avant par la présidence, illustrent toutefois la persistance de carences opérationnelles au niveau local et interrogent sur la capacité des structures administratives à assurer leurs missions sans arbitrage présidentiel.
Abordant le projet de « location-accession », inscrit dans la loi de finances 2026, Kaïs Saïed a réitéré son appel à accélérer la création de nouveaux quartiers résidentiels destinés aux ménages à revenus faibles et moyens. Ces projets devraient être confiés à la Société nationale immobilière de Tunisie et à la Société de promotion des logements sociaux, dans le cadre de schémas d’aménagement intégrant les besoins présents et futurs.
Le président tunisien a évoqué la révision en cours de plusieurs législations nationales, estimant que toute réforme des infrastructures resterait vaine sans une nouvelle vision portée par la jeunesse et sans une reddition effective des comptes à l’encontre de ceux accusés d’avoir gaspillé les ressources publiques. Un discours de rupture et de dénonciation, qui souligne l’ampleur des défis structurels, mais laisse en suspens les modalités concrètes de financement, de gouvernance et d’exécution des réformes annoncées.
SOURCE:APANews