San Pedro/Pérennisation des langues maternelles: la direction régionale de la Culture et de la Francophonie recommande l’éducation multilingue

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À la faveur de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle, la Direction régionale de la Culture et de la Francophonie (Drcf) de San Pedro a remis au centre du débat la question de l’éducation multilingue et de la sauvegarde des langues locales.

En effet, le 25 février dernier, le directeur régional, Yéboua Kouakou Adani, a réaffirmé l’engagement de l’administration culturelle ivoirienne en faveur de la transmission des langues maternelles aux jeunes générations.

Cette prise de position est intervenue en marge d’une cérémonie de valorisation de l’identité culturelle et linguistique des peuples, organisée dans le cadre de l’édition 2026 de ladite Journée. Elle s’est déroulée à l’école de l’Union des églises évangéliques, services et œuvres (Ueeso), située dans le quartier Lac de la ville balnéaire, en présence du directeur régional de l’Environnement et de la Transition écologique.

Instituée en 1999 par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et célébrée chaque 21 février, la Journée internationale de la langue maternelle rend hommage aux étudiants qui, en 1952, au Bangladesh, ont défendu l’usage de leurs langues maternelles. Elle représente aujourd’hui un symbole mondial de la diversité culturelle et du multilinguisme.

S’appuyant sur une citation de Nelson Mandela, extraite de son autobiographie Long Walk to Freedom (La longue marche vers la liberté), le directeur régional a souligné la portée identitaire et affective de la langue maternelle : « Si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, cela va à sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue maternelle, cela va à son cœur. »

Pour lui, la préservation des langues locales constitue un levier essentiel de sauvegarde des valeurs et des richesses culturelles des communautés. M. Yéboua a exhorté, au-delà du plaidoyer institutionnel, les parents à encourager leurs enfants à pratiquer leurs langues d’origine et à « écouter les voix » de cette jeunesse désireuse de s’exprimer dans ses idiomes.

S’adressant directement aux jeunes, il a déclaré : « Chers enfants, vous vivez dans un monde moderne. Vous voulez parler français, anglais, espagnol, peut-être même d’autres langues, et vous avez raison. Connaître plusieurs langues est une richesse immense. Mais apprendre d’autres langues ne signifie pas oublier la vôtre. Votre langue maternelle est votre première force. Notre langue est une richesse et notre avenir est immense. Ensemble, apprenons nos langues et enseignons-les à nos enfants, car ils sont l’avenir de notre identité culturelle. »

 

Le directeur régional de la Culture et de la Francophonie (au micro) en compagnie de son homologue de l'Environnement et de la Transition écologique. (Ph: Dr)
Le directeur régional de la Culture et de la Francophonie (au micro) en compagnie de son homologue de l'Environnement et de la Transition écologique. (Ph: Dr)

Citant en exemple des pays africains tels que Éthiopie, Tanzanie et le Sénégal, qui ont intégré les langues nationales dans leurs systèmes éducatifs, il a démontré que l’éducation multilingue constitue une option concrète et viable.

Selon lui, des études menées par l’Unesco sur l’éducation multilingue montrent qu’un enfant qui maîtrise sa langue maternelle accède plus aisément à l’apprentissage d’autres langues.

Cette journée de célébration a été particulièrement marquée par une conférence autour du thème « Les voix de la jeunesse sur l’éducation multilingue », animée par Soro Yéo Tchéwa, agente au service du livre, de la documentation et des industries culturelles, créatives et audiovisuelles de la Drcf.

Son intervention a mis en lumière les enjeux liés à l’intégration des langues maternelles dans les politiques éducatives, à travers des exemples tirés du Cameroun, du Mali, du Vietnam et des Philippines. « La langue maternelle n’est pas un obstacle à la modernité, mais un atout pour le développement », a-t-elle insisté, appelant à faire du 21 février non pas une simple date commémorative, mais un engagement durable en faveur du pluralisme linguistique.

À travers cette initiative, la Direction régionale de la Culture et de la Francophonie de San Pedro entend inscrire la valorisation des langues maternelles au cœur des priorités culturelles et éducatives de la région.

 

 

 

 

SOURCE : Fratmat

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