Le Premier ministre burkinabè a présenté devant l’Assemblée nationale le bilan 2025 d’une révolution progressiste populaire axée sur la reconquête territoriale, la souveraineté économique et l’affirmation diplomatique du pays, promettant une rupture définitive avec toute forme de domination néocoloniale.

Dans un discours prononcé devant l’Assemblée nationale burkinabè ce jeudi 30 janvier, le Premier ministre a dressé un bilan détaillé de l’action gouvernementale en 2025, marquée par des avancées significatives sur les plans sécuritaire, économique et diplomatique. S’exprimant au nom du gouvernement du Capitaine Ibrahim Traoré, le chef du gouvernement a réaffirmé la détermination du Burkina Faso à s’affranchir de toute tutelle extérieure.

« Ces choix sont salués par notre peuple parce qu’ils répondent à une exigence simple : plus jamais le Burkina Faso ne sera un terrain d’expérimentation ou un État sous tutelle », a déclaré le Premier ministre, soulignant les décisions souveraines prises par le pays sur la scène internationale.

Sur le front sécuritaire, premier axe de la « Révolution Progressiste Populaire », le gouvernement revendique des résultats tangibles. Selon le Premier ministre, les forces de défense et de sécurité contrôlent désormais près de 74% du territoire national, grâce à l’intensification des opérations militaires qui ont permis de détruire plusieurs bastions terroristes.

« Les exploits de nos vaillants combattants ont favorisé la réouverture de 73 Préfectures et Mairies, plus de 600 structures éducatives, 38 formations sanitaires, ainsi que la libération et la réinstallation de 442 villages », a précisé le chef du gouvernement.

Le renforcement des effectifs s’est poursuivi avec le recrutement de 16 000 militaires tous profils confondus, 2 000 policiers et près de 15 000 Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP). Ces derniers verront leur statut évoluer, la Brigade des VDP étant désormais portée au rang d’armée.

L’effort de guerre a été soutenu par une mobilisation patriotique sans précédent. Le Fonds de soutien patriotique a permis de collecter plus de 222 milliards de francs CFA en 2025, contre 175 milliards en 2024. Depuis son lancement en 2022, cette initiative a mobilisé plus de 496 milliards de FCFA.

Une souveraineté militaire affirmée

Dans une démarche d’autonomisation stratégique, le Burkina Faso a franchi un cap décisif dans la formation militaire. « Désormais, nos cadres du niveau stratégique sont formés sur notre sol, selon notre propre doctrine de guerre, enracinée dans nos réalités », a souligné le Premier ministre, évoquant l’ouverture de l’Institut de l’Enseignement Militaire Supérieur Tiéfo Amoro et la création de l’Institut Supérieur d’Aéronautique de Bobo-Dioulasso.

Cette dernière institution formera des pilotes et techniciens aéronautiques dans une approche civilo-militaire, avec un recrutement imminent de la première promotion d’élèves pilotes qui seront « intégralement formés au Burkina Faso par des instructeurs burkinabè ».

Des performances économiques remarquables

Côté économie, le Burkina Faso affiche des indicateurs encourageants malgré le contexte sécuritaire. Le taux de croissance économique est estimé à environ 6,5% en 2025, contre 4,8% en 2024. L’économie a même connu une déflation de 0,5%, après une inflation de 4,20% l’année précédente.

« Sur le plan des échanges extérieurs, nous avons franchi un cap historique », s’est félicité le Premier ministre, annonçant un excédent de la balance commerciale de plus de 1 975 milliards de francs CFA en 2025.

Le secteur agricole a enregistré des performances exceptionnelles avec une production céréalière record nationale de plus de 7 millions de tonnes, portant le taux de couverture des besoins céréaliers à 126,6%. La production de riz a atteint plus d’un million de tonnes, soit une hausse de 49,34% par rapport à la campagne précédente.

Le secteur minier demeure un pilier de l’économie avec une production aurifère qui a dépassé 94 tonnes, dont près de 43 issues de l’exploitation artisanale. Ces performances ont généré des recettes budgétaires de plus de 776 milliards de FCFA, auxquelles s’ajoutent plus de 100 milliards sécurisés grâce à la lutte contre la fraude.

Une diplomatie de rupture

C’est sans doute sur le plan diplomatique que le discours du Premier ministre a été le plus incisif. « Sous la conduite du Camarade Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, notre diplomatie a cessé d’être une diplomatie de convenance pour devenir une diplomatie d’affirmation de notre souveraineté, alignée sur les aspirations profondes des masses populaires », a-t-il affirmé.

Le Burkina Faso a pris des décisions souveraines majeures en 2025, se retirant de l’Organisation Internationale de la Francophonie en février et de la Cour Pénale Internationale en septembre. « Ces organisations étaient devenues des instruments de domination néocoloniale aux mains des impérialistes », a justifié le Premier ministre.

L’alliance avec le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) s’est renforcée. Le Capitaine Ibrahim Traoré a été désigné pour assurer la présidence de la Confédération lors de la deuxième session du Collège des Chefs d’État, le 23 décembre 2025 à Bamako.

« Le passeport et la carte d’identification biométrique AES sont une réalité dans l’espace confédéral », a annoncé le chef du gouvernement burkinabè, mentionnant également la création de la banque confédérale pour l’investissement et le développement, ainsi que la télévision et la radio confédérales.

Parallèlement, le Burkina Faso a diversifié ses partenariats, établissant des relations diplomatiques avec le Kirghizstan et signant des accords avec le Turkménistan, le Kazakhstan, la Hongrie et la Serbie. Les partenariats stratégiques avec la Russie, l’Iran, la Chine, la Turquie, le Ghana, le Maroc et Oman se sont approfondis.

Investissements massifs dans le capital humain

Le gouvernement a consacré 1 450 milliards de francs CFA, soit plus de 40% du budget, à l’éducation et à la santé en 2025. Dans le secteur éducatif, le curriculum a été revu avec la généralisation de l’enseignement de l’anglais, l’introduction des TIC et l’institution de la formation civique et patriotique.

Plus de 59 000 nouveaux bacheliers ont participé à l’immersion patriotique obligatoire dans 29 localités. « La révolution a besoin de citoyens nouveaux, patriotes, intègres, solidaires, et nous ne pouvons pas mener la lutte contre l’impérialisme sans une jeunesse éveillée et consciente », a rappelé le Premier ministre, citant le Chef de l’État.

Dans le domaine de la santé, l’opérationnalisation du centre hospitalier universitaire de Pala et du Centre de radiothérapie à Bobo-Dioulasso constituent les faits majeurs de 2025. Le plan « 1000×5 » a permis le recrutement de plus de 2 000 paramédicaux et de plus de 1 700 médecins généralistes en spécialisation.

Pour 2026, le gouvernement prévoit la construction d’un Institut du cœur, centre hospitalier spécialisé dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires.

Des réformes structurelles profondes

Le Premier ministre a souligné l’importance des réformes engagées dans tous les secteurs. Le dernier remaniement gouvernemental a consacré la réduction du nombre de départements ministériels et l’adoption de nouvelles dénominations révolutionnaires : Ministère de la Guerre et de la Défense patriotique, Ministère des Serviteurs du Peuple, Ministère de la Construction de la Patrie.

Dans le domaine numérique, le gouvernement a déployé des services de téléphonie et d’Internet dans 441 sites et construit deux datacenters qui viennent d’être mis en service, marquant « un acte fort de souveraineté numérique ».

L’initiative présidentielle « Faso Mêbo », axée sur le désenclavement et l’urbanisation par l’approche endogène, sera déployée dans les différentes régions en 2026.

Un appel à la vigilance

Pour finir, le Premier ministre a lancé un appel à la vigilance. « Nous devons rester mobilisés et vigilants pour barrer la route à toute forme de restauration d’un ordre néocolonial à jamais révolu », a-t-il averti, ajoutant que « l’impérialisme n’est pas disposé à renoncer à sa quête de faire main basse sur notre pays ».

« Refonder, c’est repartir sur de nouvelles bases en puisant dans nos richesses socio-culturelles pour trouver des voies nouvelles vers un autre citoyen plus responsable et patriote, vers un nouvel ordre national, vers une approche nouvelle de développement qui rompt avec la confiscation, par les pouvoirs impérialistes, de nos prérogatives souveraines », a-t-il conclu.

SOURCE:APANews