Réunis en Arabie saoudite, les chefs de la diplomatie égyptienne, saoudienne et émiratie ont appelé à une solidarité arabe renforcée face aux crises régionales, tout en insistant sur la voie diplomatique comme seule issue à l’escalade autour du dossier iranien.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est rendu mardi 3 février en Arabie saoudite pour des entretiens avec ses homologues saoudien et émirati, dans un contexte régional marqué par une accumulation de foyers de tension. Selon un communiqué officiel, cette mission visait à coordonner les positions arabes afin de préserver la sécurité nationale collective face aux crises qui secouent le Moyen-Orient.
Au cœur des discussions a figuré le dossier iranien, sur fond d’escalade verbale et militaire entre États-Unis et Iran. Le Caire a réaffirmé sa volonté de jouer un rôle de médiation en faveur d’un retour au dialogue, Abdelatty plaidant explicitement pour « la voie diplomatique » comme unique alternative à une confrontation aux conséquences régionales potentiellement lourdes. L’objectif affiché est la relance de négociations susceptibles de déboucher sur un accord global, équilibré et tenant compte des préoccupations sécuritaires de l’ensemble des parties.
Cette position intervient alors que Washington multiplie les signaux de fermeté à l’égard de Téhéran, évoquant la possibilité d’actions militaires et renforçant sa présence dans le Golfe. Si l’appel égyptien à la désescalade s’inscrit dans une tradition diplomatique prudente, il souligne aussi les marges de manœuvre limitées des capitales arabes face à une confrontation largement structurée par des logiques extra-régionales.
Lors de cette rencontre, Abdelatty s’est entretenu avec le ministre saoudien des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, et son homologue émirati, Abdullah bin Zayed Al Nahyan. Les trois responsables ont insisté sur la nécessité d’une solidarité arabe « sans faille » face à la multiplication des crises, estimant que seules des solutions politiques et diplomatiques peuvent éviter à la région de s’enfoncer dans une instabilité chronique.
Au-delà du dossier iranien, la coordination a également porté sur Gaza et le Soudan. Les ministres ont affiché une convergence de vues sur l’urgence d’appliquer la seconde phase du plan de paix pour Gaza, incluant le déploiement d’une force internationale de stabilité et la mise en place d’une gestion locale autonome. Sur le Soudan, Abdelatty a rappelé la position constante du Caire en faveur de l’unité de l’État et de ses institutions, appelant à une solution politique conduite exclusivement par les Soudanais.
Le conflit soudanais, qui oppose depuis avril 2023 l’armée régulière aux Forces de soutien rapide, demeure un point de friction régional, notamment en raison des soutiens différenciés dont bénéficient les protagonistes. Malgré ces divergences, l’Égypte et les Émirats ont réaffirmé leur volonté de coordonner leurs initiatives afin de favoriser une trêve durable et de garantir l’accès humanitaire aux populations civiles, illustrant une convergence diplomatique affichée, mais encore confrontée à de profondes réalités géopolitiques.
SOURCE:APANews