La raniculture : « Une filière d’avenir encore sous-exploitée », indique Dr Venance Oungbe

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Face à une forte dépendance aux importations de poisson, la Côte d’Ivoire explore des alternatives locales durables. Parmi elles, la raniculture (élevage de grenouilles) s’impose progressivement comme une solution innovante, à la croisée de la sécurité alimentaire et de l’entrepreneuriat rural, malgré une structuration encore embryonnaire.

Dans les bas-fonds de l’Ouest ivoirien, la grenouille ne se contente plus de coasser dans les mares : elle s’invite désormais au cœur d’une dynamique économique naissante.

Selon le Dr Venance Oungbe, expert en raniculture, chaque année, la Côte d’Ivoire importe plus de 700 000 tonnes de poissons surgelés, à hauteur de 500 milliards de Fcfa. Un paradoxe, au regard des potentialités locales encore peu exploitées, notamment dans la raniculture, cet élevage de grenouilles longtemps cantonné à la capture artisanale.

Dans des régions comme le Tonkpi ou le Poro, la grenouille, surnommée « poulet de l’Ouest », constitue une source de protéines prisée. Mais l’offre, essentiellement issue de la capture artisanale, peine à satisfaire une demande en constante progression.

Pour inverser cette tendance, des initiatives émergent. À Yéziondi, dans la sous-préfecture de Diboké (région du Cavally), une session de formation s’est tenue le 21 mars 2026, sous l’impulsion de la famille Ouei.

Encadrée par le Dr Venance Oungbe Kary, expert dans le domaine, cette formation a permis d’outiller les participants sur les techniques d’élevage, l’alimentation, la reproduction, la gestion sanitaire et les réalités du marché.

Au-delà de l’apprentissage technique, cette démarche traduit une volonté de structurer une filière capable de générer des revenus durables. Avec un investissement de départ estimé à 350 000 Fcfa et une rentabilité pouvant atteindre 1,5 million de Fcfa par bassin, la raniculture offre des perspectives économiques concrètes.

Cependant, des défis subsistent, notamment le manque d’encadrement technique et la pression sur les ressources naturelles. Malgré cela, la demande locale reste forte, avec des prix oscillant entre 3 500 et 7 000 Fcfa le kilogramme.

À l’heure où une campagne de formation à grande échelle s’annonce dans l’Ouest, la raniculture pourrait bien passer du statut d’activité marginale à celui de levier stratégique pour l’économie ivoirienne.

 

 

SOURCE : Fratmat

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