Korhogo : Le PADFA et l’ICRAF outillent les producteurs pour défier le climat et sécuriser leurs récoltes
Korhogo a été, le mercredi 18 mars 2026, le théâtre d’un moment clé pour l’avenir de l’agriculture ivoirienne. Réunis à l’hôtel Olympe, acteurs institutionnels, experts et producteurs ont pris part à l’atelier de clôture d’un projet ambitieux porté par le Programme d’appui au développement des filières agricoles (PADFA) et le Centre international de recherche en agroforesterie (ICRAF). Objectif : renforcer la résilience des petits producteurs face aux effets de plus en plus marqués du changement climatique.
Après douze mois d’intenses activités sur le terrain, le bilan se révèle largement positif. Près de 60 participants, dont des autorités préfectorales et des bénéficiaires directs, ont partagé les résultats et les innovations issues de cette collaboration stratégique. Depuis 2018, le PADFA œuvre à l’amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus dans les filières riz, mangue et maraîchage dans plusieurs régions du Nord et du Centre, notamment le Poro, la Bagoué, le Tchologo, le Hambol et le Gbêkè.

Face à des conditions climatiques de plus en plus imprévisibles, le partenariat avec l’ICRAF a permis d’introduire des pratiques agricoles dites climato-intelligentes. Il s’agit notamment de mieux planifier les périodes de semis, d’optimiser l’usage des intrants et d’adopter des techniques de conservation des sols et de l’eau.
Pour Messou Edja, coordonnateur du PADFA, cette initiative répond à une nécessité urgente. « Le changement climatique impacte fortement les rendements. Il est essentiel d’accompagner les producteurs afin qu’ils puissent intégrer ces réalités dans leurs pratiques agricoles, améliorer leur productivité et, à terme, leurs revenus », a-t-il souligné.
De son côté, Dr Amani Kouassi, expert de l’ICRAF, met en avant le rôle déterminant de l’information agro-météorologique. « L’agriculteur d’aujourd’hui doit s’appuyer sur des données fiables pour anticiper les risques climatiques. Nous avons mis l’accent sur la diffusion de ces informations et sur la formation des formateurs pour une large appropriation par les producteurs », a-t-il expliqué.
Sur le terrain, les témoignages confirment l’impact concret du projet. À Nambeguévogo, dans le Tchologo, Coulibaly Yélé, productrice maraîchère, note une nette amélioration de ses pratiques : « Nous n’arrosons plus à longueur de journée. Grâce au paillage, nous économisons l’eau tout en maintenant la qualité de nos cultures ».
Même satisfaction chez Pierre, riziculteur dans le Hambol, qui évoque une meilleure gestion des périodes de sécheresse : « Nous avons appris à optimiser l’eau disponible, même en cas de longue absence de pluie ».
Au-delà des résultats immédiats, cette initiative s’inscrit dans une dynamique durable. En combinant innovation, formation et accès à l’information, le PADFA et l’ICRAF posent les bases d’une agriculture plus résiliente, capable de faire face aux défis climatiques tout en garantissant des moyens de subsistance stables pour les producteurs ivoiriens.
SOURCE : Fratmat