Jif 2026/Dr Edoh Kossi Amenounvé: « Une économie qui exclut les femmes est une économie qui se prive volontairement de plus de la moitié de sa force de travail »

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Dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale des droits de la femme (Jif), la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) a procédé, le lundi 9 mars 2026, dans ses locaux à Abidjan-Plateau, à la sonnerie de la cloche pour l’égalité des genres, marquant ainsi la 11e année de l’initiative internationale « Ring the Bell for Gender Equality ». Le thème de cette édition est : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles ».

Le directeur général de la Brvm, Dr Edoh Kossi Amenounvé, a souligné que les bourses sonnent la cloche pour l’égalité des genres parce que ce n’est plus un simple sujet social, mais un véritable enjeu économique. « Une économie qui exclut les femmes est une économie qui se prive volontairement de plus de la moitié de sa force de travail, de son énergie et de son potentiel », a-t-il déclaré, précisant que le manque à gagner annuel en Afrique est de 95 milliards de dollars.

Selon lui, les entreprises qui valorisent la diversité dans leurs équipes dirigeantes sont plus innovantes, plus performantes et plus résilientes, et les pays qui investissent dans l’autonomisation des femmes croissent plus vite. En outre, les économies qui favorisent l’inclusion financière des femmes réduisent plus durablement la pauvreté. « L’égalité n’est donc pas une faveur faite aux femmes, c’est une stratégie gagnante pour nos économies », a déclaré Dr Edoh Kossi Amenounvé.

À l’en croire, la Brvm œuvre à encourager davantage de femmes à investir sur le marché financier, à promouvoir la présence des femmes dans les instances dirigeantes des entreprises cotées et à soutenir l’entrepreneuriat féminin, qui constitue l’un des plus puissants moteurs de transformation économique en Afrique.

« Faisons donc sonner cette cloche non pas comme un simple rituel, mais comme un appel à agir. Un appel à transformer nos organisations. Un appel à ouvrir davantage de portes aux femmes. Un appel à construire une économie où le talent, et non le genre, détermine l’avenir », a exhorté le directeur général de la Brvm.

L’ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire, S.E. Mme Sandra Choufani, a félicité le directeur général de la Brvm et ses collaborateurs pour cette initiative. Selon elle, le Canada place les femmes au cœur de ses actions internationales. Ainsi, la sonnerie de la cloche ce jour est plus qu’un symbole, car elle représente l’ouverture des marchés financiers, la confiance des investisseurs et la transparence dans les actes. « Cette cloche est pour nous un engagement commun en faveur de l’inclusion, de l’égalité et de l’économie », a déclaré la diplomate canadienne.

Pour sa part, la Représentante résidente d’Onu Femmes en Côte d’Ivoire, Adjaratou Fatou N’Diaye, a souligné qu’il faut une transformation sociale pour voir les femmes émerger. « Dans le contexte où nous évoluons, il ne suffit plus seulement que les femmes soient formées, qu’elles aient accès aux ressources pour qu’elles puissent éclore dans leurs domaines d’intervention. Elles font face à d’énormes contraintes sociales qui les empêchent d’évoluer correctement. Ces contraintes peuvent ne pas être perçues comme telles, mais malheureusement les femmes les identifient et aimeraient un soutien déterminé pour les surmonter », a-t-elle déclaré.

En effet, dans nos sociétés, dit-elle, quelles que soient les responsabilités des femmes, parfois, au niveau social et du foyer, on s’attend à ce qu’elles puissent prendre en charge certaines tâches. Mais ce n’est pas toujours évident, non pas parce qu’elles ne veulent pas le faire, mais parce qu’il est difficile d’associer ces tâches à un certain niveau de responsabilité.

Cette rencontre a été marquée par un panel dont le thème était : « Les femmes dans les métiers anciennement réservés aux hommes ».

Pour Patricia Zoundi Yao, l’une des panelistes, il faut investir dans les compétences. « Lorsqu’une entreprise cherche à recruter, le premier élément qu’elle recherche est la compétence. Je ne pense pas qu’elle soit guidée par le fait qu’elle doit donner le poste à un homme ou à une femme », a-t-elle indiqué, soulignant que le fait d’être une femme est un bonus.

Toutefois, elle reconnaît que l’investissement dans la formation a un coût. « Il y a de nouvelles compétences qu’il faut acquérir puisqu’on ne finit jamais d’apprendre, afin de pouvoir se positionner. De sorte que lorsque l’opportunité se présente de positionner quelqu’un, vous soyez sur la short-list parce que vous avez les compétences requises. C’est pour cela que je dis que cela a un coût », a justifié Patricia Zoundi Yao, invitant les unes et les autres à prévoir un budget pour le faire.

« C’est un investissement rentable parce que plus vous investissez en vous, plus vous montez en compétences. Vous avez la possibilité d’occuper des postes de responsabilité et, ensuite, il y a un retour sur investissement », a déclaré la paneliste.

 

 

SOURCE : Fratmat

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