Ce panel s’est tenu en présence de la ministre d’État Anne Désirée Ouloto-Lamizana et de la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré. Des figures féminines de l’administration publique ont partagé leurs expériences et propositions pour renforcer la place des femmes dans les sphères décisionnelles.
Les panélistes ont livré le 31 mars 2026 des témoignages inspirants et des pistes concrètes pour faire progresser l’égalité de genre. Ce panel a réuni plusieurs femmes aux trajectoires remarquables, venues partager leurs expériences et encourager une plus grande représentativité féminine dans l’administration.

Directrice du Centre d’information et de communication gouvernementale (Cicg), Awa Dosso, a plaidé pour l’institutionnalisation d’un quota de représentativité féminine. Selon elle, l’administration doit accorder davantage de confiance aux femmes en leur donnant accès aux postes de responsabilité. Elle a également insisté sur un frein majeur : l’autocensure. « Les femmes doivent croire en leurs capacités et oser. Le mentorat, le leadership et l’audace sont essentiels pour transformer les choses », a-t-elle souligné.
De son côté, la professeure Judith Didi Kouko Coulibaly, cancérologue de renom et première femme professeure titulaire en oncologie en Afrique de l’Ouest subsaharienne, a appelé à une meilleure reconnaissance des talents féminins. Elle a insisté sur la nécessité de créer un environnement propice à l’épanouissement professionnel et familial des femmes, condition essentielle à leur pleine participation au développement de l’administration.
Les autres panélistes, notamment Brou Carine, Bagnon Larissa Coulibaly et le Colonel Anne Marie Diby Kouamé, ont convergé vers un même message : les femmes doivent croire en leur potentiel, se fixer des objectifs ambitieux, investir dans la formation continue et développer leur leadership. Elles ont également encouragé leurs consœurs à se valoriser et à persévérer pour accéder aux plus hautes fonctions.
Présentant les statistiques officielles, le directeur général de la Fonction publique, Soro Gninagafol, a indiqué qu’au 31 décembre 2024, l’administration ivoirienne comptait 124 061 femmes sur 314 310 fonctionnaires, soit 40 %.

Cependant, leur présence dans les postes de responsabilité reste limitée : seulement 22 % des 9 508 postes sont occupés par des femmes. Dans le détail : 14,89 % de directrices de cabinet ; 32,61 % de cheffes de cabinet ; 21 % de directrices générales et centrales ; 21 % de directrices régionales et sous-directrices ; 17 % d’ambassadrices et 23,44 % dans le corps préfectoral.
Au terme des échanges, la ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, Anne-Désirée Ouloto-Lamizana a déclaré que « malgré des avancées significatives, des efforts restent nécessaires pour garantir une meilleure représentation des femmes dans les instances de décision ».
La ministre d’Etat « reste convaincue » que la Côte d’Ivoire a « les ressources pour aller plus loin ». « Nous sommes capables, compétentes et déterminées. C’est en nous faisant confiance et en travaillant main dans la main, avec les hommes, que nous réussirons à faire bouger les lignes ».
SOURCE : Fratmat