Blocage au niveau de la commercialisation du cacao/Bruno Nabagné Koné: « Nous ferons en sorte que cette crise ne prospère pas »
C’est avec beaucoup d’humilité et de responsabilité que je prends cette fonction. Tout le monde est conscient de la place extrêmement importante qu’occupe l’agriculture dans l’économie ivoirienne. Ce secteur, en effet, c’est 25% du Pib, c’est 50% des travailleurs de notre pays. C’est une fonction lourde, sensible et extrêmement importante. Et je mesure toute la portée ! Pour nous, l’enjeu est de taille : il s’agit de faire en sorte que l’apport de l’agriculture à notre économie ne baisse pas. Il s’agit aussi de consolider cette position de première place dans notre économie, de continuer d’en faire un élément de succès de l’économie ivoirienne. En produisant, autant que nous pouvons, intensifier la production, moderniser les techniques. Et faire, in fine, en sorte que nos producteurs, nos agriculteurs, vivent mieux.
Quelle est la ligne directrice de vos principales actions ?
Je pense que ça va être, pour ma part, une ligne centrale de conduite dans toute l’action que nous allons mener. Faire en sorte que, in fine, notre action conduise à une amélioration sensible, je l’espère, des conditions de vie de nos parents paysans et agriculteurs.
M. le ministre de l’Agriculture, vous arrivez dans un contexte où l’on parle de la mévente du cacao. N’avez-vous pas déjà des appréhensions sur ce dossier ?
Vous imaginez bien que je ne pourrais pas donner une réponse précise à cette question. Nous allons y travailler avec toutes les personnes qui sont en charge de la question. Dans tous les cas, toute difficulté a bien une solution. Cela voudrait dire que nous allons regarder ce qui est possible à réaliser sur le marché international et au niveau du marché national, ainsi qu’en termes de stockage, d’enlèvement du produit de chez le producteur. Nous ferons en sorte que cette crise ne prospère pas. C’est-à-dire que les producteurs ne subissent pas cette crise. Je pense que ce sera le premier élément sur lequel nous allons travailler. Ensuite, nous allons travailler sur les autres aspects : stockage, approvisionnement du marché national, sortie à l’international…
Votre prédécesseur a promis le rachat de toutes les fèves des producteurs. Véritablement, est-ce que les ressources financières ont commencé à être débloquées ?
Bien évidemment, je ne peux pas donner une réponse précise. Cet engagement a été pris par le gouvernement, annoncé par mon prédécesseur, mais il s’agit d’une décision de l’État de Côte d’Ivoire. Nous allons faire en sorte que cette décision soit effectivement respectée, que toutes les fèves qui sont restées chez les producteurs puissent être enlevées. Ensuite, nous verrons le traitement approprié pour que notre économie ne subisse pas trop cette petite crise.
Vous venez de prendre le portefeuille. La crise dans la filière est bien là. Quel message fort pourriez-vous adresser aux principaux acteurs de cette filière, à commencer par les agriculteurs ?
Avant tout, il faut les encourager et leur demander de rester optimistes. L’agriculture est un secteur clé pour notre pays. Donc, l’État de Côte d’Ivoire mettra tout en œuvre, fera tout son possible pour que les producteurs, qui sont les premiers engagés dans cette action économique au niveau national, ne soient pas laissés-pour-compte. Tout sera fait pour que les producteurs tirent un meilleur bénéfice du fruit de leur labeur. Nous voyons, tous les jours, le travail important qu’ils réalisent. Donc, encore une fois, la résolution de cette crise reste une priorité majeure. En tout cas, le cacao reste à jamais, une priorité dans l’action que nous allons mener pour les prochaines années.
SOURCE : Fratmat