Somaliland : le Caire dénonce un « précédent dangereux »

L’Égypte a condamné toute reconnaissance unilatérale du Somaliland, lors d’une réunion ministérielle de l’OCI à Djeddah, avertissant qu’elle menace l’intégrité territoriale africaine et la stabilité régionale.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a réaffirmé samedi à Djeddah le rejet « catégorique et total » par l’Égypte de toute reconnaissance unilatérale et illégale du Somaliland. Cette position a été exprimée lors de la session extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), consacrée aux évolutions régionales récentes.

Selon le chef de la diplomatie égyptienne, une telle reconnaissance constitue « une violation flagrante » des principes du droit international et des chartes des Nations Unies, de l’OCI, de la Ligue des États arabes et de l’Union africaine. Il a insisté sur le respect de la souveraineté des États, de leurs frontières internationalement reconnues, de leur unité et de leur intégrité territoriale, ainsi que sur le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures.

Badr Abdelatty a averti que cette mesure, qualifiée d’illégale et d’inacceptable, ne menace pas uniquement l’unité et la stabilité de la Somalie, mais instaure également « un précédent dangereux » pour l’ensemble du continent africain.

Selon lui, cette décision est de nature à ébranler l’ordre international fondé sur le respect de l’intégrité territoriale et à compromettre la paix régionale, en particulier dans la Corne de l’Afrique et la mer Rouge.

Le ministre a souligné que, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et politiques complexes, la priorité devrait être la coopération collective et le soutien aux États fragilisés, plutôt que des initiatives susceptibles d’accentuer les divisions et de nuire à la sécurité régionale.

Il a rappelé que la Somalie traverse actuellement une phase délicate, nécessitant un appui international pour achever le processus de construction institutionnelle et rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire.

Cette prise de position intervient après la décision d’Israël, le 26 décembre, de reconnaître le Somaliland comme « État indépendant et souverain », plus de trois décennies après sa sécession proclamée en 1991. Le ministre égyptien a salué les positions de plusieurs États ayant condamné cette reconnaissance et rejeté toute atteinte à l’unité et à la souveraineté territoriale de la Somalie.

Abdelatty a enfin réitéré le rejet par l’Égypte de toute tentative visant à intégrer cette reconnaissance dans des plans jugés illégaux concernant la question palestinienne. Il a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre la deuxième phase du plan de cessez-le-feu à Gaza, afin d’assurer l’acheminement de l’aide humanitaire, le maintien de la trêve et le lancement effectif de la reconstruction.

SOURCE:APANews

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