Sénégal : Les difficultés de Diomaye Faye se dissipent-elles loin de la catastrophe annoncée par Ousmane Sonko ?

La rencontre de ce mardi 15 septembre 2026, entre le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, et le secteur privé marque un tournant. Face à un patronat asphyxié, l’État reconnaît enfin l’ardoise : près de 2 000 milliards de Fcfa, environ 3,5 milliards de dollars, de dettes accumulées auprès des entreprises privées nationales. L’objectif : écouter et rassurer sur un calendrier de règlement.
C’est le contre-pied total de la séquence qui avait plombé la confiance il y a un an. On s’en souvient. Le 26 septembre 2024, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, convoque une conférence de presse solennelle à la Primature, entouré de plusieurs ministres. Au nom d’un devoir de vérité, il dévoile les conclusions de l’audit sur les finances publiques héritées de Macky Sall.
Le ton est volontairement catastrophiste. Il accuse l’ancien régime de corruption généralisée et de manipulation des chiffres, dénonce une politique de dette effrénée et annonce que la situation financière du pays est catastrophique, au bord de la faillite. Le ministre de l’Économie Abdourahmane Sarr chiffre alors la dette réelle à 83,7% du Produit intérieur brut (Pib) fin 2023 contre 74,7% annoncés, et le déficit à 12,3% contre 4,9% officiel. La Cour des Comptes confirmera en février 2025, avec une dette finalement réévaluée à 99,7% puis 111% du Pib.
Cette conférence de presse a eu des effets dévastateurs. Selon Jeune Afrique, le Président Bassirou Diomaye Faye lui-même et le ministre des Finances Cheikh Diba étaient contre cette publicisation brutale, anticipant ses conséquences : gel du programme Fmi, dégradations en cascade par Moody’s, fuite des investisseurs, et blocage total des paiements aux entreprises locales.
Deux ans plus tard, le tableau est inversé. Loin de la faillite annoncée, le Sénégal honore ses échéances. Le nouveau gouvernement négocie un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars avec le Fmi, entame une restructuration ordonnée et surtout, rouvre le robinet vers l’économie réelle en s’engageant à payer ses 2 000 milliards de dettes intérieures.
La catastrophe prophétisée par Ousmane Sonko n’a pas eu lieu. C’est sa méthode qui a créé la crise de confiance. La méthode Lô, en payant les factures au lieu de compter les cadavres, est en train de dissiper les difficultés de Diomaye Faye.

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