Santé: Un chercheur ivoirien propose un projet pour améliorer la prise en charge des femmes enceintes vivant avec le VIH

Le chercheur Dr Ahoua Constant a présenté, le mercredi 22 janvier 2026, à l’Université Nangui Abrogoua d’Abidjan, son projet de recherche intitulé : « Bien-être des femmes enceintes vivant avec le Vih : valorisation des plantes utilisées dans la réduction de la charge virale dans les districts sanitaires de San Pedro, Korhogo et Agboville », à l’occasion de la cérémonie officielle de lancement.

D’une durée de deux ans et doté d’un budget global de 24 999 986 francs Cfa, financé par le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation (Fonsti), ce projet vise à contribuer à l’amélioration de la prise en charge des femmes enceintes séropositives. Il repose sur la mise au point d’un phytomédicament issu d’extraits de plantes locales aux propriétés antioxydantes et antivirales scientifiquement démontrées.

Selon le Dr Ahoua Constant, l’initiative entend proposer une approche complémentaire aux traitements existants, tout en tenant compte des réalités socioculturelles des communautés concernées. Les bénéfices attendus incluent notamment une meilleure acceptabilité du phytomédicament par les populations, le renforcement du système immunitaire des personnes vivant avec le Vih, en particulier des femmes enceintes, contribuant ainsi à la protection du fœtus, ainsi qu’une amélioration de l’espérance de vie.

Le projet prévoit également de favoriser une production accessible et durable du phytomédicament, en adéquation avec la vision du gouvernement ivoirien en matière de renforcement de la santé maternelle et infantile.

Représentant le secrétaire général du Fonsti, le membre du Conseil scientifique, le Pr Dayoro Kevin, a salué la pertinence scientifique et sociale de cette initiative. Il a réaffirmé l’engagement du Fonsti à soutenir ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du Programme de recherche avancée sur la santé globale de la mère et de l’adolescent (Prasgma), mené en partenariat avec le Centre de recherches pour le développement international (Crdi).

« Cette collaboration traduit une volonté commune de renforcer les capacités nationales de recherche et de produire des connaissances utiles à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes, notamment dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant », a-t-il indiqué, soulignant que le lancement du projet marque un engagement mutuel entre l’institution et les équipes de recherche en matière de responsabilité et d’exigence de résultats.

Présidant la cérémonie au nom de la présidente de l’Université Nangui Abrogoua, le Pr Tuo Seydou a relevé que ce projet illustre l’engagement de l’institution en faveur d’une recherche d’excellence, interdisciplinaire et orientée vers des solutions concrètes aux défis de santé publique. Il a exhorté les équipes de recherche à accorder une attention particulière à la valorisation des résultats, au-delà des publications scientifiques, afin de générer un impact social, économique et sanitaire tangible au profit des populations.

La Côte d’Ivoire figure parmi les pays les plus touchés par le Vih, avec une prévalence estimée à 2,9 %. Face à cette situation, le gouvernement ivoirien s’est engagé dans le programme « 3×90 » de l’Onusida, visant à améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le Vih. Toutefois, malgré ces efforts, 3,5 % des femmes enceintes continuent de s’abstenir de la prise d’antirétroviraux après l’annonce de leur statut sérologique (Mahassadi et al., 2010).

 

 

SOURCE : Fratmat

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