De Dakar à Accra, en passant par Bamako, Ouagadougou, Tillabéri, Abidjan et Conakry, l’actualité ouest-africaine juxtapose austérité administrative, secousses judiciaires, mobilisation citoyenne et enjeux électoraux. Une mosaïque de décisions et d’événements qui continue de remodeler les dynamiques politiques, économiques et sociales de la région.
Au Sénégal, la presse rapporte un virage de rigueur au ministère des Sports : selon Seneweb, relayant Source A, la ministre Khady Diène Gaye a mis fin aux avantages considérables dont bénéficiaient les agents accompagnant la délégation nationale à la CAN 2025. Les primes en cas de victoire sont supprimées, les forfaits journaliers plafonnés à 150 000 F CFA (ou 50 000 pour les agents logés) et la mission réduite à 21 jours. Même le quota du « 12e Gaïndé » est allégé, passant de 350 à 300 supporters, marquant une volonté d’assainissement budgétaire alors que l’État prépare le déplacement au Maroc. Dans un registre plus judiciaire, PressAfrik signale l’arrestation de Bachir Sylla à Saint-Louis, interpellé après avoir déchiré la photo officielle du président Bassirou Diomaye Faye, sur instruction du procureur — un geste symbolique qui fait basculer l’affaire dans le champ pénal.
Pendant ce temps, au Mali, les dynamiques sont dominées par des efforts de stabilisation sociale et logistique. Maliweb décrit le lancement d’un programme de réinsertion financé à hauteur de 100 millions de F CFA pour 75 migrants revenus au pays, illustré par le témoignage de bénéficiaires comme Mme Assan Fané, aujourd’hui employeuse grâce à ce soutien. Cette politique, réaffirmée par le ministre Mossa Ag Attaher, vise à transformer des trajectoires migratoires difficiles en opportunités économiques. En parallèle, Bamada.net fait état d’une nette amélioration de la situation du carburant après des semaines de crise : à Bamako comme en régions, les files s’allègent, signe d’une action coordonnée de l’État, de la sécurisation des corridors aux contrôles renforcés. Une fluidité retrouvée qui rassure les populations et met en avant la capacité de réaction de la Transition.
Au Burkina Faso, l’AIB rapporte que le Conseil des ministres a adopté un projet de loi complémentaire à la Loi de finances 2026, incluant la création d’une Contribution spéciale pour la recherche et l’innovation (CORI). Celle-ci vise à financer les activités scientifiques et technologiques via l’imposition de certaines marchandises importées, tout en révisant plusieurs dispositions du Code général des impôts liées notamment aux hydrocarbures et aux exonérations. Une orientation budgétaire qui cherche à stimuler l’innovation locale tout en protégeant la production nationale.
Au Niger, l’ANP couvre une rencontre menée à Tillabéri autour du renforcement du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), dont les nouvelles dispositions, désormais au nombre de 22, élargissent la base de contribution. Les autorités locales et la présidente du Fonds, Mme Brah Réki Djermakoye, ont insisté sur l’importance de soutenir les forces de défense, la sécurité alimentaire et l’emploi des jeunes. Plus de 25 millions de F CFA ont été collectés lors de cette visite, témoignant d’un engagement citoyen particulièrement fort dans une région confrontée en permanence à l’insécurité.
En Guinée, la dimension électorale domine : Africaguinee annonce l’ouverture officielle, ce vendredi à 00h00, de la campagne pour la présidentielle du 28 décembre 2025. Un décret du général Mamadi Doumbouya encadre les manifestations politiques et rappelle le rôle de la Haute Autorité de la Communication dans la régulation médiatique, dans un contexte où la transparence du processus sera scrutée.
Plus au sud, la Côte d’Ivoire fait face à une nouvelle affaire politico-judiciaire très sensible. 7info rapporte le placement sous mandat de dépôt de Soumaïla Brédoumy, porte-parole du PDCI, visé par onze chefs d’accusation dont certains très lourds — actes terroristes, incitation à l’insurrection, xénophobie, complot contre l’État ou encore incendies volontaires. Son avocat dénonce une procédure incompatible avec son immunité parlementaire, tandis que l’accusation évoque un flagrant délit. Une confrontation juridique qui intervient alors que le député venait de rentrer au pays après un séjour prolongé à l’étranger.
Enfin au Ghana, Pulse Ghana relate les vives critiques de l’opposition après la décision du juge Emmanuel Brew Plange d’annuler les législatives de Kpandai et d’ordonner un nouveau scrutin. Le NDC, à l’origine du recours, pointe 41 irrégularités majeures sur 152 bureaux, mais la minorité parlementaire juge cette décision « stupéfiante » et « inquiétante » en l’absence d’un jugement détaillé publié. Entre exigences de transparence judiciaire et tensions politiques, l’affaire pourrait créer un précédent majeur dans la gestion des litiges électoraux.
SOURCE : APA News/-Dakar (Sénégal)