Abidjan, 15 avr 2026 (AIP) – Le Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (MASA) couvre, pour cette 14ᵉ édition, un large éventail de disciplines artistiques, allant des arts d’expression traditionnels à l’introduction du numérique dans les industries culturelles et créatives.
Une pluralité de disciplines dites traditionnelles
La musique, la danse, le théâtre, le slam, l’humour, le conte, la marionnette et les arts de la rue constituent les principales attractions de ce marché.
Aïcha Traoré, chantre musulmane ivoirienne
Les groupes artistiques, ainsi que les artistes évoluant en solo dans ces disciplines, se produisent devant le public dans le cadre du marché et du festival.
Au Palais de la Culture, notamment dans les salles Lougah François, Anoumabo et Kodjo Ebouclé, sur l’esplanade ou au village Zouglou, mais aussi au Centre ivoiro-coréen, dans les communes de Yopougon, Koumassi et Abobo, ainsi qu’au Goethe-Institut et à l’Institut français, le public et les promoteurs de spectacles ont l’occasion de découvrir les artistes dans leurs différentes disciplines.
Le numérique s’invite dans la création artistique
À la base, le MASA est un rendez-vous des arts vivants africains. Mais depuis quelques années, et encore davantage avec l’édition 2026, il s’ouvre au numérique, en lien avec l’évolution des industries culturelles et créatives (ICC).
Une scène de la cérémonie d’ouverture du MASA 2026
La 14ᵉ édition innove avec la création d’un Village des enfants, destiné à éveiller les plus jeunes aux arts vivants, mais aussi d’un Village de l’innovation, où le numérique, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle sont mis à l’honneur dans la création artistique.
On y découvre ainsi des œuvres mêlant vidéo, projections numériques et scénographie digitale, des spectacles hybrides associant danse, musique et arts visuels numériques, ainsi que des performances influencées par le digital.
Le MASA valorise également des expressions artistiques fortement liées au numérique, notamment le slam, le rap et la danse urbaine, dont les contenus sont souvent influencés par les réseaux sociaux.
Cette édition initie en outre la Zone Street Arts, un espace dédié aux expressions urbaines dynamiques et innovantes, offrant une plateforme unique aux artistes émergents pour performer en live et exposer leurs œuvres.
Au sein du Village de l’Innovation, une première pour cette 14ème édition, les traditions ancestrales et les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, la réalité étendue et le vidéomapping, se mêlent.
Une vue de l’entrée du village de l’innovation au MASA 2026
Pour Habyba Thiero, fondatrice et présidente du groupe Orun, propulseur de cette initiative, Il s’agit d’établir une passerelle entre l’héritage africain et les outils du futur. Pour elle, l’Afrique doit s’emparer des moyens techniques pour imposer son propre récit avec assurance.
Le directeur général du MASA, Abdramane Kamaté, a indiqué lors d’une conférence que l’avenir du spectacle repose sur les nouvelles générations. « Nous voulons leur montrer que l’Afrique s’empare du numérique comme d’une véritable opportunité pour ses artistes », a-t-il insisté.
En définitive, le MASA 2026 affirme son ancrage dans un art africain riche de ses traditions, tout en évoluant vers des formes plus modernes, hybrides et numériques.
(AIP)