Man/Service militaire : Tentant de se faire recruter, un présumé assassin est interpellé

Sékou Dosso, 18 ans, présumé assassin d’un individu, a été arrêté, le 25 février, après deux mois de cavale, au quartier Cnps de Man.

Présenté par les enquêteurs comme le chef de file d’un groupe impliqué dans cette attaque mortelle, le jeune homme a été interpellé au camp Bso (Ndlr : Bataillon de sécurisation de l’ouest), alors qu’il tentait de se faire recruter pour le service militaire.

Le lieutenant Diaby Ibrahima, officier à la Brigade de recherche et d’intervention (Bri), a expliqué, le lundi 2 mars 2026, que les faits remontent au mois d’octobre 2025.

Sékou Dosso avait dit ses amis qu’il allait « faire du mal à Chaka Fofana », en présence du frère cadet de la victime. Alertée, la famille n’aurait pas mesuré la gravité de ces propos. Le 25 décembre, vers 21h30, Sékou et ses acolytes, identifiés comme Alassane K alias Alasko et un autre nommé « Gazo », appellent Chaka pour l’inviter à se battre. Il refuse.

Alors que Chaka Fofana rentre chez lui à moto avec son petit frère, le trio lui barre la route. « Ils cherchent à se battre avec lui, sans succès. Chaka reçoit alors un coup de poing et descend de la moto », relate le lieutenant Diaby Ibraima.

Pensant à une simple bagarre, la victime demande à son cadet de filmer la scène. « Le nommé Sékou donne instruction à Alasko de faire ce qu’ils avaient prévu. Alasko sort un poignard et porte plusieurs coups à la victime », poursuit l’officier, évoquant une attaque préméditée.

Blessé, Chaka Fofana parvient à fuir vers le domicile familial. Son père, Fofana Salif, ferronnier, se souvient avec émotion : « On m’a appelé pour me dire que mon fils a été poignardé. J’ai pris ma voiture rapidement. Mon voisin l’avait déjà conduit à l’hôpital. »

Avant qu’il n’y arrive, il apprend le décès de son fils. Pour lui, le drame est d’autant plus douloureux que ce dernier avait pris ses distances avec le groupe. « Quand j’ai vu leur comportement, je lui ai dit de se retirer d’eux. Il m’a écouté, il venait au travail pour m’aider », relate-t-il.

Avant d’avouer que les menaces avaient continué malgré tout. « Chaque fois, ils le menaçaient. Il expliquait cela à sa maman. Moi, on ne me disait rien », a-t-il ajouté.

Après le crime, Sékou Dosso a pris la fuite. Bien qu’en cavale, il continuait à proférer des menaces contre d’autres jeunes du quartier. Repéré une première fois aux abords du camp Bso, le 23 février 2026, il a réussi à s’échapper. « Le mercredi 25 février, il est revenu pour le recrutement militaire. C’est là que nous l’avons appréhendé », a détaillé le lieutenant Diaby.

Son interpellation constitue une avancée majeure, mais pour la famille Fofana, seule la vérité judiciaire pourra apaiser leur douleur.

 

 

 

 

SOURCE : Fratmat

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