Le Cap invite l’Iran à se retirer des exercices navals des BRICS

L’Afrique du Sud a demandé à l’Iran de retirer ses navires de guerre des exercices navals « Volonté de paix 2026 » qui se déroulent actuellement au large de ses côtes.

La décision de l’Afrique du Sud qui demande le retrait des navires de l’Iran des exercices navals des BRICS est largement perçue comme une concession aux pressions américaines, suite à la menace du président Donald Trump d’imposer des droits de douane massifs aux pays commerçant avec Téhéran.

Ces manœuvres, organisées par la Chine et menées près de la base navale de Simon’s Town, non loin du Cap, étaient présentées comme un exercice BRICS+ impliquant la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Iran, les Émirats arabes unis et d’autres partenaires.

Prétoria a toutefois confirmé que les trois navires de guerre iraniens, arrivés la semaine dernière, ne participeraient pas aux exercices de tirs réels en mer et adopteraient le statut d’observateurs.

Cette décision intervient quelques jours seulement après que Trump avait averti, sur Truth Social, que « tout pays faisant affaire avec la République islamique d’Iran devra payer un droit de douane de 25 % sur toutes ses transactions avec les États-Unis d’Amérique », qualifiant cette mesure de « définitive et sans appel ».

Ses propos ont ébranlé Prétoria, dont les relations avec Washington sont déjà tendues et l’accès au marché américain incertain. L’Afrique du Sud bénéficie depuis longtemps de l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), un accord américain d’exemption de droits de douane pour la plupart des exportations africaines de produits du cru.

Ce programme a expiré en septembre 2025 et son renouvellement pour trois ans est actuellement débattu à la Chambre des représentants
américaine.

Selon les analystes, Prétoria craint d’être exclue du programme, notamment en raison de ses relations étroites avec l’Iran, la Russie et la Chine.

La menace de Trump d’imposer des droits de douane, qui coïncide avec le débat sur l’AGOA, a accentué la pression sur l’Afrique du Sud faisant qu’elle se conforme aux préoccupations américaines.

Les Etats-Unis ont également condamné la répression violente par Téhéran des récentes manifestations antigouvernementales, ce qui rend la décision de l’Afrique du Sud d’autant plus délicate.

Les gouvernements occidentaux ont critiqué le bloc des BRICS pour l’organisation d’exercices militaires, arguant que ce groupement a été fondé comme une alliance économique.

La participation de l’Iran, depuis son adhésion aux BRICS en 2024, a encore exacerbé les tensions. Les autorités sud-africaines insistent sur le fait que la demande de retrait formulée à l’Iran l’a été en concertation avec Téhéran et avant le déclenchement des dernières manifestations.

Cette décision souligne néanmoins le délicat exercice d’équilibriste auquel Prétoria est confrontée : maintenir ses relations avec les autres membres du BRICS tout en évitant des sanctions de Washington, à un moment où son accès au marché américain est plus que jamais menacé.

SOURCE:APANews

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