Euphrasie Kouassi Yao, lauréate du Prix Harambee 2026 pour la promotion de l’égalité de la femme africaine, a décidé de redistribuer l’intégralité de la dotation de 10 000 euros (environ 7 millions de FCfa) qui accompagne ledit prix qu’elle a reçu, le 3 mars, à Madrid (Espagne), en faveur de l’éducation et de la formation féminine, selon une note de son service de communication.
Ce prix décerné par l’Harambee Africa International avec le soutien des Laboratoires Pierre Fabre, à l’occasion de la 17ᵉ édition de sa cérémonie de promotion de l’égalité de la femme africaine, récompense ainsi les 35 années d’engagement en faveur de la paix, de l’égalité des chances et de l’autonomisation des femmes en Afrique de la lauréate.
Engagée dans ce combat, Euphrasie Kouassi Yao pense que ces fonds doivent « porter des fruits ». C’est pour cette raison qu’elle annonce qu’ils seront destinés « aux jeunes assoiffés de connaissances et aux femmes rurales qui portent l’Afrique et qui ont besoin d’accompagnement pour transformer leur communauté pour le lancement du programme « Générations d’Excellence ».
Un dispositif innovant qui prévoit un système de mentorat entre femmes entrepreneurs expérimentées et jeunes porteuses de projets dans la région du Gbêkê, ainsi que l’organisation de cafés littéraires en faveur des étudiantes et étudiants.
Titulaire de la Chaire Unesco « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (Cefpod) et conseillère spéciale du Premier ministre chargée du Genre, Euphrasie Kouassi Yao a rappelé les fondements de son combat.
« Pendant très longtemps, la carte de la femme africaine a été une carte de manque, de fragilité, de dépendance. Or, j’ai vu des femmes invisibles devenir des leaders reconnues. Elles n’avaient ni problèmes de compétence ni un manque de volonté, mais elles n’avaient besoin qu’on leur fasse confiance », a-t-elle affirmé.
Avant de rappeler les nombreux outils, entre autres, le Programme d’implication des femmes dans la gestion de l’eau, le premier Plan d’action national de la Résolution 1325 en Côte d’Ivoire, le programme Cea-Paix, qui ont permis d’atteindre ce niveau.
Sur place, le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a loué sa « détermination », la qualifiant de « moteur de transformation » et invitant à « penser à Euphrasie » face aux difficultés.
Nicolas Zombre, président des Laboratoires Pierre Fabre, s’est dit « vraiment très impressionné » par son action en faveur d’un nouveau rôle des femmes dans la gestion de l’eau. Le président de Harambee, Antonio Hernández, l’a décrite comme une « véritable constructrice de paix ».
À travers ce geste fort, la titulaire de chaire Unesco confirme que pour elle, la distinction n’a de sens que si elle devient un levier d’espérance, de savoir et de transformation sociale durable.