À Korhogo, le PDCI-RDA veut transformer la célébration de ses 80 ans en point de départ d’une nouvelle dynamique politique dans le Grand Nord. Dans son discours de clôture, samedi 12 septembre 2026, Yapo Calice a appelé à la reconstruction des structures militantes et à la préparation de l’échéance de 2030.
Le terrain gravier du quartier Sinistré de Korhogo a servi de cadre, samedi 12 septembre, à la clôture des célébrations des 80 ans du PDCI-RDA dans le Grand Nord. En prononçant le discours de clôture, Yapo Calice, Secrétaire exécutif en chef du parti, a donné à cette commémoration une dimension politique.
Au-delà des hommages aux figures historiques du parti, notamment Félix Houphouët-Boigny et le patriarche Péléforo Gbon Coulibaly, le responsable du PDCI-RDA a dressé un diagnostic de l’implantation du parti dans le Nord. Il a également décliné les principaux axes d’une reconquête annoncée en perspective de 2030.
La mémoire comme point d’ancrage
Le discours s’est d’abord ouvert sur la mémoire. Le Professeur Cowppli-Bony Kwassi Philippe, Émile Constant Bombet, Alphonse Djédjé Mady et El Hadj Yaya Ouattara ont été évoqués avant une minute de silence.
Yapo Calice a ensuite rappelé les figures de Félix Houphouët-Boigny et de Péléforo Gbon Coulibaly. Pour le responsable du parti, cette référence à l’histoire permet de rappeler la place du Grand Nord dans le récit politique du PDCI-RDA.
« Nous sommes les héritiers de la première Alliance », a-t-il notamment déclaré. Cette référence historique lui a permis de présenter la « Nouvelle Alliance » portée aujourd’hui par Tidjane Thiam comme une continuité de cette histoire. Paix, réconciliation, dialogue, compétence, justice, progrès et développement sont présentés comme les nouveaux enjeux de cette alliance.
Un diagnostic sans complaisance
Mais la commémoration a aussi été l’occasion pour le PDCI-RDA de regarder ses propres difficultés. Yapo Calice a reconnu les faiblesses de certaines structures locales. Des sections se réuniraient difficilement, tandis que certains comités de base seraient davantage présents sur le papier que sur le terrain.
Il a également évoqué des militants qui se sentent isolés ou oubliés et des sympathisants insuffisamment identifiés dans les fichiers du parti. Plus significatif, il a reconnu que le PDCI-RDA ne compte actuellement aucun élu dans les circonscriptions du Nord.
Cette situation explique, selon le discours, la tournée effectuée du 7 au 11 septembre dans plusieurs localités du Nord. De Kaniasso à Odienné, de Touba à Mankono, de Séguéla à Ferkessédougou, de Boundiali à Sinématiali et Korhogo, les responsables du parti disent avoir rencontré une base toujours fidèle, mais confrontée à des fragilités organisationnelles.
Reconstruire à partir de la base
Pour Yapo Calice, la reconquête passera donc d’abord par le terrain. Les délégués, secrétaires de section, responsables des comités de base, femmes, jeunes, enseignants, paysans et commerçants sont appelés à jouer un rôle accru.
« Un responsable qui ne rassemble pas, affaiblit le Parti. Un cadre qui n’entretient pas la base, laisse sécher les racines », a-t-il lancé.
Le message vise notamment à réinstaller une présence militante permanente dans les sections, les villages, les quartiers et les bureaux de vote. La fidélité des militants est également mise en avant. Le parti entend, selon le discours, mieux reconnaître ceux qui ont maintenu leur engagement malgré les difficultés.
La jeunesse et les femmes occupent aussi une place dans cette stratégie. Aux jeunes, Yapo Calice demande de se former et de s’organiser. Aux femmes, il souhaite une participation plus importante aux instances de décision.
Le pari de 2030
Le responsable du PDCI-RDA a par ailleurs défendu l’idée qu’aucune région du pays ne saurait être considérée comme la propriété définitive d’un parti politique. Une manière d’affirmer la volonté de son parti de retrouver une place dans le Grand Nord.
Agriculture, élevage, emploi des jeunes, école, formation professionnelle, santé, accès à l’eau et infrastructures figurent parmi les préoccupations évoquées. Le discours insiste également sur la nécessité d’évaluer le développement à partir de ses effets sur la vie quotidienne des populations, plutôt que des seules annonces ou réalisations visibles.
La référence à 2030 donne finalement son sens à l’ensemble de la démarche. Pour le PDCI-RDA, les 80 ans doivent servir de point de départ à une nouvelle séquence : restaurer la confiance, réorganiser les structures, remobiliser les militants et reconquérir progressivement le terrain électoral.
En conclusion, Yapo Calice a appelé à « la reconquête du pouvoir d’État en 2030 ». Reste désormais au parti à traduire cette ambition dans les structures locales et, à terme, dans les urnes. À Korhogo, le PDCI-RDA a ainsi transformé une célébration historique en feuille de route politique.