Journée mondiale de l’audition : La communauté sourde appelle à la progression des droits linguistiques

La célébration de la Journée mondiale de l’audition remet au cœur du débat la question de la reconnaissance officielle de la langue des signes en Côte d’Ivoire.

Le mardi 3 mars 2026 est dédié à la commémoration de la Journée mondiale de l’audition. Une campagne organisée chaque année par le programme de prévention de la cécité et de la surdité de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) pour mettre en lumière la perte auditive et la nécessité de rendre les soins de l’oreille et de l’audition accessibles à tous.

Pour marquer cette journée, le président du conseil d’administration de la Fédération nationale des sourds de Côte d’Ivoire (Fenasoci), Bony Maho Albert, a fait une déclaration.

Dans une copie de cette déclaration transmise à Fraternité Matin, il a rappelé que les droits liés à la langue des signes sont des droits humains. Pour lui, si cette journée est souvent abordée sous l’angle médical ou préventif, elle est une opportunité pour eux de recentrer le débat sur les droits, l’égalité et l’inclusion.

Selon le président de la Fenasoci, en Côte d’Ivoire comme partout dans le monde, les personnes sourdes continuent de faire face à de « nombreux obstacles ». Notamment en ce qui concerne, a-t-il précisé, l’accès à une éducation de qualité, l’emploi et l’autonomie économique, la justice, les services de santé ainsi que la participation citoyenne et démocratique.

Pour lui, ces obstacles ne sont pas dus à la surdité elle-même, mais « au manque de reconnaissance et d’accès effectif à la langue des signes », a-t-il affirmé.

C’est pourquoi il a déclaré que la Fenasoci appelle à la reconnaissance « officielle » de la Langue des Signes de Côte d’Ivoire, puis au renforcement des politiques publiques inclusives, à la formation et à la certification des interprètes en langue des signes, et enfin à la garantie d’un accès équitable à l’information et aux services publics.

« L’inclusion réelle des personnes sourdes passe par la reconnaissance de leur langue. Nous invitons les autorités publiques, les institutions, les médias et l’ensemble de la société civile à s’engager concrètement pour une Côte d’Ivoire où les personnes sourdes peuvent signer partout, participer pleinement et vivre dans la dignité. Ensemble, faisons progresser les droits linguistiques pour une société plus juste et inclusive », a-t-il conclu.

Pour rappel, le 3 décembre 2025, la Fenasoci a porté à la connaissance de l’opinion publique que l’ensemble des variétés de la langue utilisée par les personnes sourdes en Côte d’Ivoire est désormais appelé « Langue des signes de Côte d’Ivoire », en abrégé Lsci.

 

 

 

 

SOURCE : Fratmat

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