Janvier sarcelle/Lutte contre le cancer du col de l’utérus: Bouter la maladie hors de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030

Le gouvernement ivoirien ambitionne de réduire l’incidence du Cancer du col de l’utérus (Ccu), actuellement de 26 pour 100 000, à moins de 4 pour 100 000 à l’horizon 2030. C’est l’enjeu majeur de la campagne nationale ‘‘Janvier sarcelle’’, dédiée à la lutte contre le cancer du col de l’utérus, dont le lancement a eu lieu le mercredi 21 janvier 2026, dans les locaux du Programme national de lutte contre le cancer (Pnlca), à Treichville.

Pour le conseiller technique, Bernard Ehui, représentant du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle (Mshpcmu), ‘‘Janvier sarcelle’’, dont c’est la première édition en Côte d’Ivoire, marque une étape historique dans la lutte contre le Ccu dans le pays.

Il est, à l’instar d’Octobre rose, le mois de l’intensification des actions de sensibilisation, de dépistage, de diagnostic précoce, de vaccination et de prise en charge des cas de cancer du col de l’utérus.

En Côte d’Ivoire, les chiffres indiquent, en effet, que 2360 femmes ont été diagnostiquées positives à la maladie en 2022, et 1461 en sont mortes. « Janvier sarcelle a désormais vocation à être durablement le rendez-vous national de mobilisation contre le cancer du col de l’utérus. Par ce choix clair et assumé, la Côte d’Ivoire affirme une volonté politique, sanitaire et sociale forte. Celle d’inscrire de manière pérenne, cette lutte dans la conscience collective des Ivoiriennes et des Ivoiriens », a indiqué Bernard Ehui.

Un Plan de plus 28 milliards de Fcfa pour bouter le Ccu hors de la Côte d’Ivoire

Pour lui, ce mois doit être, par excellence, celui de la prévention, de la mobilisation, de l’espoir et de la vie. Le conseiller technique s’est également voulu clair sur ‘‘drame humain’’ qu’est aujourd’hui le Ccu.

 

Le cancer du col de l'utérus est causé par une infection au papillomavirus humain. (Ph: Dr)

Une maladie pourtant évitable et dont on peut guérir si elle est découverte tôt. C’est ce pour quoi œuvre le Mshpcmu, à travers le Programme national de lutte contre le cancer, le Programme élargi de vaccination, avec l’appui de ses partenaires, entre autres, l’Organisation mondiale de la santé (Oms), Unitaid et la Coalition de la lutte contre les cancers (Colcc).

Diverses stratégies portent cet engagement qui repose, notamment, sur la sensibilisation, la vaccination contre le papillomavirus humain (Hpv), le dépistage et la prise en charge des lésions précancéreuses. Ces interventions qui visent à réduire la morbidité et la mortalité liées au cancer du col de l’utérus ont été intensifiées par la mise en œuvre de plusieurs projets.

A savoir le projet Success, financé par Unitaid via Expertise France, qui vise à renforcer la prévention secondaire du cancer du col de l’utérus, le projet MdM, orienté vers la mobilisation sociale, le dépistage et l’accompagnement communautaire et le projet Wics, une initiative d’autonomisation des femmes pour un accès aux soins de santé primaires, incluant la prévention du Ccu.

Cette première édition de Janvier sarcelle s’inscrit également dans le cadre de la promotion du Plan national d’élimination du cancer du col de l’utérus 2025-2030. Qui a pour enjeu de bouter cette maladie hors de la Côte d’Ivoire dans les cinq prochaines années.

« Cet objectif sera atteint lorsque 90% des filles de 9 ans seront entièrement vaccinées contre le Hpv, 55% des femmes de 30 à 49 ans seront dépistées au moins une fois, 90 % des femmes avec lésions précancéreuses seront traitées efficacement et 90% des femmes atteintes de cancers invasifs seront prises en charge efficacement, y compris en soins palliatifs. « Le coût global de ce plan est estimé à 28,92 milliards de FCfa », a conclu Bernard Ehui.

Les femmes exhortées à s’approprier le test de dépistage simple, rapide et gratuit

Ambroise Ané, le représentant de l’Oms, a rappelé que le Ccu est le 4e cancer le plus courant chez la femme. Il touche de manière disproportionnée les femmes les plus jeunes. La maladie se définit par une transformation des cellules normales en cellules cancéreuses par une infection au papillomavirus humain (Hpv).

Le Hpv se transmet par les rapports sexuels avec ou sans pénétration. Les facteurs de risque du cancer du col de l’utérus sont l’activité sexuelle précoce, les multiples partenaires sexuels, l’exposition à une infection sexuellement transmissible, le tabagisme, l’utilisation chronique de corticostéroïdes et le Vih-Sida.

Il est recommandé, en guise de prévention primaire, la vaccination des filles de 9 à 14 ans contre le Hpv. L’exercice est simple, rapide et gratuit pour les fillettes de 9 ans. La prévention secondaire porte sur le dépistage régulier tous les 3 à 5 ans à partir de l’âge de 25 ans. Les méthodes de dépistage sont : le test Hpv, l’inspection visuelle à l’acide acétique et/ou au Lugol (Iva/Ivl) et le frottis cervico-vaginal.

La présidente de Colcc, Fatou Fadiga, a, à son tour, lancé un appel pressant aux femmes ivoiriennes. « Je vous exhorte à vous approprier le test de dépistage du cancer du col de l’utérus. Il est simple, rapide et gratuit (…). Ne remettez pas à demain ce test de quelques minutes », a-t-elle fortement recommandé.

 

 

SOURCE : Fratmat

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