Alors que le président colombien Gustavo Petro a affirmé lundi avoir des preuves qu’une « bombe » a été larguée d’un avion équatorien sur le territoire colombien, son homologue équatorien Daniel Noboa a répondu que son pays agissait sur son propre territoire contre des groupes criminels liés au trafic de drogue.
Una combinación de imágenes de los presidentes de Colombia, Gustavo Petro (izq.), el 13 de noviembre de 2025 en Bogotá; y Ecuador, Daniel Noboa, el 18 de agosto de 2025 en Brasilia © Raúl Arboleda, Evaristo Sa, Evaristo Sa, AFP
Le président équatorien Daniel Noboa a rejeté, mardi 17 mars, les accusations de son homologue colombien Gustavo Petro, qui a dénoncé la veille un bombardement effectué en Colombie par l’Équateur à la frontière entre ces deux pays où opèrent guérillas et cartels de la drogue.
Dans un contexte de tensions croissantes entre Bogota et Quito, Gustavo Petro a affirmé lundi avoir des preuves qu’une « bombe » a été larguée d’un avion équatorien sur le territoire colombien.
L’Équateur est « en train de bombarder les lieux qui servaient de caches » à des groupes criminels « en grande partie colombiens, auxquels votre gouvernement a permis de s’infiltrer dans notre pays par sa négligence » dans la surveillance de la frontière, a répondu mardi sur X Daniel Noboa.
« Président Petro, vos déclarations sont fausses, nous agissons sur notre territoire, pas sur le vôtre », a affirmé le chef de l’État équatorien, un allié de Donald Trump en Amérique latine.
Son homologue colombien a diffusé mardi sur X une image d’un engin apparemment intact, accompagnée d’un message appelant à « enquêter en profondeur sur cette bombe tombée d’un avion à la frontière colombienne avec l’Équateur », à « cent mètres de la maison d’une famille de paysans pauvres ».
« Bouclier des Amériques »
L’Équateur a intégré le « Bouclier des Amériques », une alliance de 17 pays du continent constituée par le président américain pour lutter contre le trafic de stupéfiants dans la région. La Colombie n’a pas été conviée à s’y joindre, à l’instar d’autres pays latino-américains dirigés par la gauche.
Début mars, l’Équateur avait annoncé avoir bombardé un camp d’entraînement d’une guérilla soupçonnée de trafic de drogue opérant à la frontière colombienne, dans le cadre d’une opération soutenue par les États-Unis.
Dimanche, Quito a lancé une nouvelle opération, d’une durée de deux semaines, contre le narcotrafic, toujours avec le soutien américain. Le couvre-feu a été instauré dans plusieurs provinces côtières équatoriennes.
La Colombie et l’Équateur ont une frontière commune d’environ 600 kilomètres, le long de laquelle circulent des guérillas colombiennes et des organisations criminelles des deux pays impliquées dans le trafic de drogue et d’armes, la traite des êtres humains, ainsi que dans l’exploitation minière illégale. Environ 70 % de la cocaïne produite en Colombie et au Pérou, les plus grands producteurs du monde, transite par le territoire équatorien pour être exportée via ses ports sur le Pacifique.
L’Équateur et la Colombie se sont engagés dans une guerre commerciale il y a quelques semaines, quand Daniel Noboa a imposé des droits de douane à la Colombie, reprochant à Gustavo Petro de ne pas en faire assez dans la lutte contre le trafic de drogue.
Source : France 24