Gestion des déchets industriels dangereux : Une plateforme numérique disponible pour renforcer la traçabilité

Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a procédé, le 15 avril 2026, au pré-lancement du Système intégré de gestion et de suivi des déchets industriels dangereux (Sigsdid), lors d’une rencontre avec les acteurs du secteur, tenue à son cabinet à Abidjan-Plateau.

Cette initiative marque, selon le ministre, « une étape décisive dans la modernisation du système national de gestion des déchets ».

Le Sigsdid se présente comme un instrument stratégique visant à assurer une traçabilité optimale des déchets industriels dangereux, depuis leur production jusqu’à leur élimination finale. Il permettra également d’améliorer la transparence des opérations et de renforcer les mécanismes de contrôle et de suivi des flux. Cette plateforme numérique innovante ambitionne de transformer en profondeur la gestion des déchets industriels en Côte d’Ivoire.

Pour le ministre Abou Bamba, la mise en place du Sigsdid, « c’est la fin de l’impunité environnementale dans la filière des déchets industriels dangereux en Côte d’Ivoire ». « Nous allons identifier et sanctionner systématiquement ceux qui gèrent mal les déchets industriels. Toute entreprise, tout opérateur, tout transporteur qui contournera ses obligations réglementaires sera repéré par le Sigsdid et fera l’objet de poursuites administratives et judiciaires. L’ère de la complaisance à l’égard des pollueurs est révolue », a-t-il mis en garde.

En 2022, 4 951 entreprises formelles étaient recensées, avec une croissance estimée à 7 % en 2024. Cette dynamique entraîne une hausse significative des volumes de déchets produits. Selon le Centre ivoirien anti-pollution (Ciapol), la production nationale de déchets industriels dépasse 625 000 tonnes par an et pourrait franchir le cap du million de tonnes à l’horizon 2035.

Une évolution qui accentue les risques de pollution des sols, de l’air et des ressources en eau, tout en posant des défis majeurs en matière de santé publique. Face à ces enjeux, le ministère a jugé nécessaire de se doter d’outils modernes, performants et transparents. Le Sigsdid répond à cette exigence en intégrant des solutions technologiques avancées au cœur du dispositif de gestion.

Une plateforme pour dématérialiser les bordereaux de suivi

Présenté par le directeur en charge des déchets industriels et des substances chimiques (Ddisc), Dr Seyhi Brahima, ce système, développé par le ministère avec l’appui technique du cabinet Tourex Corporate, offre plusieurs fonctionnalités clés. Il permet notamment la dématérialisation des bordereaux de suivi des déchets, avec le passage du format papier (Bsd) à un système électronique (e-Bsd). Il garantit aussi la disponibilité de données fiables et actualisées, indispensables à une prise de décision éclairée, tout en assurant le respect des obligations réglementaires par l’ensemble des acteurs.

« Le Sigsdid s’inscrit pleinement dans la vision du gouvernement, qui œuvre pour une gouvernance environnementale moderne, efficace et orientée vers les résultats », a souligné le ministre, ajoutant qu’il constitue « un levier essentiel pour l’atteinte des engagements nationaux et internationaux en matière de protection de l’environnement ».

À compter du 15 avril 2026, le traitement des bordereaux de suivi des déchets se fera exclusivement via cette plateforme. Le déploiement sera progressif, avec une phase initiale consacrée aux huiles usagées et aux résidus d’hydrocarbures. Un chronogramme détaillé sera communiqué aux différents acteurs.

Le choix de ces déchets pour amorcer le processus n’est pas fortuit. Bien que réglementées depuis 2019, avec l’introduction d’un Bsd papier en 2022, les huiles usagées présentent encore des insuffisances en matière de collecte et de traçabilité. Le Sigsdid permettra ainsi de centraliser en temps réel des données jusque-là fragmentées, offrant une vision nationale consolidée des flux.

Représentant le cabinet Tourex Corporate, Kangah Jacob Bilé a salué une initiative majeure pour la sous-région. « Cette plateforme, qui couvre l’ensemble du processus, de la demande d’agrément à l’élimination des déchets, traduit l’engagement du ministère en faveur de l’innovation numérique et de la responsabilité écologique », a-t-il indiqué.

En conclusion, le ministre Abou Bamba a félicité l’ensemble des parties prenantes pour leur implication et les a exhortées à poursuivre leurs efforts dans un esprit de responsabilité et de collaboration, au service d’un environnement sain et durable.

 

 

SOURCE : Fratmat

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