Festival Dion-Gôh : La 6e édition prône le développement des villages sans perdre l’âme wê

« Modernisation et développement dans nos villages : quelle place pour notre culture wê ? » Tel est le thème de la 6e édition du Festival Dion-Gôh, qui se tient du 19 au 22 août 2026 à Zéaglo, dans le département de Bloléquin, à l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Cette réjouissance qui marque la célébration de la culture du peuple wê a débuté le mercredi 19 août, sous le patronage de Marie-Pierre Sio, députée de la sous-préfecture de Bloléquin, et de Kahi Dezon Léopold, député de la commune de Bloléquin, en présence du préfet du département de Bloléquin, Gbagbeu Gué Gilbert.

« Ce festival est bien plus qu’un simple événement festif. C’est un véritable rendez-vous culturel qui rassemble aussi bien les anciens que les jeunes autour de nos valeurs ancestrales. Il constitue un espace de transmission, de cohésion sociale et de paix, où chacun peut redécouvrir son identité culturelle », a déclaré le député Kahi Dezon Léopold.

Selon lui, à travers ses activités culturelles, culinaires et traditionnelles, ce festival contribue à la valorisation du patrimoine culturel de l’Ouest de la Côte d’Ivoire.

Un Goloa en action. (Ph: Dr)
Un Goloa en action. (Ph: Dr)

Il a invité les populations de l’Ouest, ainsi que les ressortissants vivant dans les autres régions du pays et à l’étranger, à s’approprier Dion-Gôh. « C’est une belle occasion de renouer avec nos racines et de transmettre nos traditions aux générations futures », a-t-il souligné.

Kahi Dezon Léopold a ajouté que ce rendez-vous culturel prend aujourd’hui une dimension de plus en plus importante, attirant même des membres de la diaspora venus d’Europe et d’autres horizons. « Ensemble, faisons de cette célébration un symbole d’unité, de paix et de développement culturel. Chacun a sa place dans cette grande famille culturelle », a-t-il conclu.

Les autorités politiques et administratives ont salué cette initiative qui continue de faire son petit chemin. (Ph: Dr)
Les autorités politiques et administratives ont salué cette initiative qui continue de faire son petit chemin. (Ph: Dr)

Prenant la parole au nom des cadres, Glossoa Émile a rappelé que ce festival constitue à la fois une célébration de l’identité culturelle wê et un appel à la solidarité, ainsi qu’à l’implication de la jeunesse dans la préservation des traditions.

Pour sa part, le chef central de Zéaglo, Gnoanrou Jacques, a mis en lumière le rôle essentiel de la femme dans la société wê. « Aujourd’hui, nous célébrons la femme, source de bénédiction, de courage et de développement au sein de nos familles et de notre communauté. Dans la culture wê, elle joue un rôle essentiel dans l’éducation, l’unité familiale et le progrès de la société. Nous remercions les organisateurs, et réaffirmons notre engagement à valoriser et à soutenir les femmes », a-t-il déclaré.

Le préfet du département de Bloléquin, Gbagbeu Gué Gilbert, s’est également réjoui de cette initiative qui, selon lui, gagne chaque année en maturité. Il a toutefois exhorté les populations à préserver les us et coutumes des peuples. Pour lui, un peuple qui met la femme à l’honneur à travers sa culture réaffirme son identité et renforce les liens qui unissent les communautés.

Le Goloa (masque au féminin), sacre de la sauvegarde de la tradition wê. (Ph: Dr)
Le Goloa (masque au féminin), sacre de la sauvegarde de la tradition wê. (Ph: Dr)

De son côté, Gnaé Gastien, commissaire général du Festival Dion-Gôh, s’est félicité de la maturité acquise par cet événement qui place la femme au cœur de la tradition. Il a expliqué que le Dion-Gôh représente, en pays wê, la récolte obtenue après les travaux champêtres. Il s’agit de la production annuelle conservée dans les greniers afin de nourrir les familles jusqu’à la saison suivante.

Le terme « Gôh » signifie quant à lui la réjouissance. Après les travaux agricoles et la récolte, le peuple wê entre dans une période de repos durant laquelle les familles se réunissent pour se réjouir. C’est cette période qui donne lieu aux festivités dénommées « Dion-Gôh ». « Il est essentiel de préserver nos traditions. Nous avons donc décidé de valoriser cet héritage afin de le transmettre aux générations futures », a-t-il soutenu.

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