À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, l’Éthiopie a appelé mercredi à renforcer l’éducation multilingue inclusive, soulignant l’importance des langues maternelles pour le développement humain, la cohésion sociale et la réduction des inégalités.
La Journée internationale de la langue maternelle a été célébrée mercredi au Centre de conférences des Nations Unies (UNCC) à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie. L’événement a servi de plateforme pour promouvoir la diversité linguistique et encourager le développement de systèmes éducatifs multilingues à travers le monde.
Des experts et décideurs politiques des Nations Unies ont souligné que l’enseignement dans la langue maternelle est un levier essentiel pour le développement durable, l’inclusion sociale et l’accès équitable à l’éducation.
S’exprimant lors de la cérémonie, Aboubakir Diaw, chef de cabinet représentant le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), a insisté sur la valeur profonde des langues. « Les langues ne sont pas de simples outils de communication. Elles façonnent la cognition, structurent le sentiment d’appartenance et transmettent la mémoire collective de génération en génération », a-t-il affirmé.
M. Diaw a présenté les plus de 2 000 langues africaines comme des atouts stratégiques, soulignant que l’éducation multilingue fondée sur les langues maternelles renforce à la fois le capital humain et la cohésion sociale. « L’éducation multilingue n’est pas un luxe culturel. C’est un investissement stratégique dans le capital humain », a-t-il ajouté, avertissant que l’expansion rapide de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques pourrait marginaliser les langues non représentées numériquement.
Avec près de 60 % de la population africaine âgée de moins de 25 ans, il a souligné l’importance de mettre en place des politiques linguistiques inclusives, en les reliant à des initiatives continentales telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Rita Bissoomath, directrice de liaison à l’UNESCO, a également rappelé l’importance des langues comme « gardiennes vivantes de notre identité et vecteurs de notre culture ». Elle a mis en lumière les inégalités mondiales dans l’accès à l’éducation dans les langues parlées, notant que 40 % de la population mondiale ne reçoit pas un enseignement dans une langue qu’elle maîtrise parfaitement, ce qui accentue marginalisation et exclusion.
« Promouvoir le multilinguisme est un instrument essentiel pour favoriser la paix, la tolérance et le respect mutuel », a insisté Rita Bissoomath. Elle a exhorté les gouvernements et institutions à intégrer les langues maternelles dans les systèmes éducatifs afin qu’aucun enfant ne se sente coupé de son patrimoine linguistique.
SOURCE:APANEWS