L’Inades-Formation Côte d’Ivoire œuvre pour que les producteurs de cacao en Côte d’Ivoire vivent décemment du fruit de leur labeur. À cet effet, l’institution a commandité une étude sur les coûts de production du cacao. Lors de la restitution des travaux, le mardi 24 février 2026, le président du conseil d’administration (Pca) de l’Inades-Formation Côte d’Ivoire, Tetiali Digbeu, a expliqué que « les coûts réels sont en déphasage avec ce que le producteur reçoit ».
Évoquant certains éléments de la production à prendre en compte, il a cité notamment les efforts humains, les intrants, le transport, la terre, la replantation et le métayage.
L’économiste François Ruf, auteur de l’étude, a renchéri en soulignant que les coûts de production ont augmenté. Cela s’explique, selon lui, par la prolifération des mauvaises herbes, l’augmentation des maladies et le dépérissement des cacaoyers, liés notamment aux effets du changement climatique.
Le président du conseil d’administration a précisé que cette étude a été initiée afin de permettre aux décideurs, à l’État ivoirien ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers, de mieux appréhender la réalité des efforts consentis par les agriculteurs.
« Connaître le coût de production permet d’éclairer les discussions sur la durabilité économique, de mieux comprendre les contraintes des producteurs, de renforcer la qualité du dialogue entre les acteurs publics, privés et la société civile, et d’alimenter un plaidoyer fondé sur des données objectives », a-t-il soutenu.
Il a rappelé que le cacao demeure un pilier stratégique de l’économie de la Côte d’Ivoire, dans la mesure où des millions de familles vivent de cette spéculation et contribuent de manière significative à la stabilité macro-économique de la Côte d’Ivoire. Dans ce contexte, disposer de données fiables sur le coût réel de production constitue un enjeu fondamental.
Cette étude a été conduite dans le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la bonne gouvernance et la durabilité de la filière cacao en Côte d’Ivoire », mis en œuvre par l’Inades-Formation Côte d’Ivoire et ses partenaires, notamment Idef et Solidaridad West Africa, basés en Côte d’Ivoire, avec le cofinancement de l’Union européenne.
Les différents acteurs de la filière, à savoir les organisations de la société civile, les coopératives agricoles, les organisations internationales, les représentations diplomatiques ainsi que les partenaires techniques et financiers, ont soumis de nombreuses préoccupations qui devront être prises en compte dans la finalisation et la publication du document définitif.
SOURCE : Fratmat