Draguer aujourd’hui à Abidjan : L’approche maladroite, « tueuse » de destinée (Dossier)

Quand tout un art perd de sa superbe, l’effet est parfois douloureux et insoupçonné. A la rencontre de ces femmes privées d’une partie de leur féminité, sous le prétexte de l’évolution des mœurs.
Gracieuse, avec son mètre 75, son teint marron caramel et son visage pétillant, Anna B., 28 ans, est pourtant célibataire jusque-là. Ce n’est pas qu’elle ne s’intéresse pas aux hommes ou qu’elle n’est pas courtisée, c’est juste qu’elle n’a pas encore trouvé l’âme sœur. Et pour elle, l’âme sœur n’est autre que celui qui réussira à la faire fléchir, dès le début.

A l’en croire, tout part et réside dans les premiers contacts. « De manière générale, mes prétendants échouent à cause de leur approche. Pour moi, ça compte énormément. Certains pensent qu’avec l’argent ou bien les promesses d’une vie épanouie, ils obtiendront ce qu’ils veulent. Alors que non. Il en faut bien plus, il faut pouvoir convaincre par son savoir-être », affirme-t-elle.

Doctorante et sapiosexuelle, Anna admire les intellectuels, les pygmalions. « Mon homme doit pouvoir m’aider à m’élever. Mes courtisans, en majorité, ne présentent pas ces signes. Tu les écoutes pendant des heures et tu ne retiens absolument rien de constructif. Si ce ne sont pas les grosses fautes langagières, ce ne sont que des balivernes qu’ils te sortent. D’autres mêmes ont l’audace de mettre en avant leur beauté physique, pfff », s’indigne la jeune femme.

Sa conception des choses est toute simple : « Si tu n’arrives pas à me captiver dans les premiers contacts avec tes bonnes manières et ta culture, ce n’est pas plus tard que tu y arriveras. Or, ce que je veux, c’est de pouvoir être gagnée par celui qui sera mon mari. J’en ai le droit non ? Je ne suis pas si moche que ça (rires) ».

Le sexe, tout de suite

La plupart des rendez-vous amoureux d’Anna, ces dernières années, ont accouché d’une souris et elle a mis fin aux conversations avec ses prétendants. Son dernier date, par exemple, s’est mal terminé à cause d’une proposition indécente de son prétendant. Elle idéalisait pourtant la manière dont les choses se passeraient.

« A la vérité, le gars me plaisait physiquement déjà. On s’est rencontré à une fête et il m’a tapé dans l’œil. Et donc lorsque je l’ai vu avec ses lunettes pharmaceutiques et ses lèvres roses, j’avais déjà des étoiles dans les yeux », raconte-t-elle. Elle ne s’attendait pas à ce qui allait suivre : « Alors qu’on était à notre deuxième rencontre et qu’on n’a échangé au téléphone que deux ou trois fois, il s’est permis de me demander de rentrer avec lui après notre dîner pour qu’on dorme ensemble chez lui. Et il me l’a proposé avec une telle facilité qu’on aurait cru que ce n’était rien de mal. A la limite, il parlait avec une prostituée ».

Visiblement, elle est remontée rien qu’en se remémorant cet épisode : « Son attitude m’a sidérée et j’étais vraiment choquée et frustrée, car il venait ainsi d’éteindre une flamme qui était en train de naître. A vrai dire, ce n’était pas la première fois qu’un mec se conduit ainsi avec moi. Et quand je parle avec mes copines, c’est pratiquement le même récit qu’elles me font. En tout cas, dès que je suis rentrée chez moi, j’ai bloqué son numéro, comme je l’ai fait pour les précédents ».

Technique de drague maladroite, amour avorté, nouvelle tentative, résultat similaire ! Peinant à se construire une vie conjugale à cause de l’« incompétence de ses prétendants », Anna pense être passée à plusieurs reprises à côté de l’amour de sa vie parce que ce dernier ne lui a pas envoyé à temps les bons signaux.

Tiraillée entre ses valeurs, son idéal et ce que lui offre la société, choisir son compagnon est devenu une tâche cornélienne pour la jeune dame.

On a dit évolution ?

Cette situation, nombre de femmes à Abidjan la vivent. La drague, perçue par certains hommes comme une simple formalité pour avoir le cœur de la femme, peut s’avérer une épreuve disqualifiante. Mots déplacés ? Approche brutale ? Conversations ennuyeuses ? Mauvais endroit ? Mauvais timing ? Mauvaise apparence du courtisan ?… Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte.

Monique, 39 ans, employée d’une entreprise de communication, est à cheval sur tous ces détails. Quand nous la rencontrions, ce 9 février, dans un espace public à Koumassi, elle était avec trois copines. Elles flirtent toutes la quarantaine et ont en commun d’être célibataires, pour les mêmes causes.

A peine le sujet abordé que Monique débite : « Je ne sais pas ce qui ne va pas avec les hommes dans notre pays, mais je crois qu’il y a un vrai problème de la société ivoirienne. C’est ça l’évolution des mœurs ? Moi, je dirais une régression. Les hommes d’aujourd’hui n’ont ni les bonnes manières ni la patience encore moins la compréhension. Leur approche est nulle ! Le dernier à m’avoir offert une fleur, par exemple, c’était il y a 18 ans. Un peu plus jeune encore, je recevais des lettres de mes admirateurs secrets qui passaient par ma grande sœur. C’était valorisant. Mais aujourd’hui, tout ça a disparu ».

Comme Anna, Monique a des valeurs et principes auxquels elle est attachée. Célibataire sans enfants, elle attend depuis bientôt deux décennies ce Casanova qui lui procurera ce plaisir d’être courtisée et peut-être gagnera son cœur. L’attente s’étendant indéfiniment et l’horloge biologique retentissant, elle commence à perdre sa sérénité.

« Il fut un temps, je déprimais à cause de cela. J’avais perdu confiance en moi. Je ne vous dirai pas toutes les insanités que certains dragueurs m’ont sorti, mais une chose est sûre, c’est que beaucoup d’hommes manquent d’éducation. Et leur mauvaise manière est frustrante. Ce qui fait qu’aujourd’hui, j’accepte difficilement qu’on me drague, parce que je ne sais pas quelle autre bêtise je vais entendre », confie-t-elle.

Le bon ou rien

Elle dit avoir eu quelques flirts au début de ses 20 ans, mais jusque-là jamais de relations qui pourraient aller au mariage, simplement « parce que je n’ai pas encore trouvé le bon ». Celui que Monique appelle « le bon » est, en fait, ce prétendant qui la rassurera par sa manière de lui faire la cour qu’il est le bon, quitte à ce qu’après l’avoir conquise, il lui montre son vrai visage.

« Nul ne connaît l’avenir, mais pour ce qui est du présent, c’est nous qui décidons, en tenant compte bien sûr de nos convictions. Pour moi, l’homme avec qui je fonderai une famille doit me draguer comme il se doit et me conquérir. Il doit accepter être romantique, patient, me prouver qu’il m’aime. Je ne ferai pas de concessions sur ça, même si pour cela, je vais devoir rester célibataire », tranche-t-elle.

Devenue quelque peu amère et méfiante, Monique dit vouloir sortir de cette situation car « je vois mon âge avancer ». Mais, pas à n’importe quel prix : « C’est vrai que je vieillis, et cela suscite en moi des inquiétudes, mais je ne veux pas prendre le risque de me lancer dans une relation faute de mieux ». Bintou, sa copine, elle, a déjà expérimenté une relation par défaut. Elle en a gardé un mauvais souvenir.

En effet, raconte-t-elle, pour sa dernière relation amoureuse, elle a dû baisser ses standards sur conseils de ses parents et amies, et s’était mise en couple avec un homme qu’une copine lui avait présenté, sans que ce dernier ne l’ait vraiment courtisée. Avec du recul, elle est convaincue que l’échec de cette relation a un lien direct avec la manière dont elle y est entrée.

« Les choses ont été trop faciles pour lui. Il ne me respectait pas et me donnait l’impression que c’est moi qui l’ai dragué. Quand on avait des problèmes de couple, il n’essayait rien pour régler. Or, s’il avait souffert pour m’avoir, rien qu’en pensant à ce qu’il a investi pendant la drague, il ferait tout pour ne pas me perdre. Je ne referai plus jamais cette erreur », assure-t-elle. « Messieurs, draguez-nous correctement ! »

Et même si le risque de finir vieille fille grandit, elle reste cramponnée à son credo : ‘’Un homme qui m’aime vraiment saura me draguer’’. « Peut-être que si je voyais les choses autrement et que j’étais un peu plus indulgente avec mes prétendants, je serais actuellement en couple ou même mariée. Mais, en même temps, je ne peux pas me défaire de mes valeurs, de mon éducation et de mes standards », dit-elle.

Et de poursuivre par un cri du cœur martelé à destination des hommes : « Messieurs, sachez que nous prenons du plaisir à être draguée dans les règles de l’art. Faites-le s’il vous plait ! C’est aussi ça un des avantages d’être femme. Quand vous ne procédez pas ainsi, vous nous frustrez sans le savoir. Il est temps que vous arrêtiez de nous priver de cet avantage qui nous est fait par Dieu. Sinon, on va devoir chercher les Blancs. Eux, au moins, sont romantiques (rires) ».

Retombées de l’indifférence

Un cri du cœur que Prince T., nouveau fonctionnaire, accueille avec un sourire en coin. Pour ce jeune adulte, cette situation décrite plus haut est causée par celles mêmes qui s’en plaignent. « Se limiter à nous fustiger en disant qu’on ne sait pas draguer, pour moi, c’est une preuve de mauvaise foi », rétorque-t-il.

Et d’arguer : « Qu’elles parlent aussi de ces fois où on a essayé d’être romantique et elles nous ont pris pour des rigolos. Pas plus tard qu’en décembre dernier, j’ai fait livrer des roses à une fille que j’aime bien, en mentionnant que je l’invite au cinéma, le week-end prochain. Quand elle a reçu le colis, elle m’a juste envoyé des émoticônes de rires. A la limite, elle m’a vu comme un bouffon. Ensuite, elle n’est pas venue à mon invitation, estimant que ma technique est dépassée. Quand tu as vécu de telles choses à deux ou trois reprises, c’est naturellement que tu changes d’approches ».

S’il admet, quant à lui, les reproches faits aux hommes par les femmes, Djibril Koné estime que la situation est beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. Il pointe du doigt, entre autres, la mauvaise influence des médias et d’Internet, l’implication de plus en plus limitée des parents dans l’éducation sexuelle et matrimoniale des jeunes et dans une certaine mesure, l’absence d’espace approprié pour une bonne drague à Abidjan.

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  • Les convictions de la coach Clémence Kouassi

 

La coach Clémence Kouassi

De plus en plus de femmes en Côte d’Ivoire dépeignent une régression de la qualité des relations amoureuses. Elles regrettent parfois le manque de galanterie, d’attention et de considération. Elles parlent de comportements expéditifs, de relations moins investies émotionnellement et d’attentes qui ne se rencontrent plus.

Certaines femmes évoquent, par exemple, la frustration face à des attentes minimales ou précipitées, le vouloir tout et tout de suite, sans investissement émotionnel, sans attention réelle, parfois réduisant la rencontre à un simple geste/transaction matérielle et sexuelle.

« Ce constat n’est ni un reproche ni un jugement porté sur les hommes. Il s’agit plutôt d’une observation lucide de l’évolution des mœurs et de l’impact émotionnel que ces changements peuvent avoir sur les femmes. En effet, ces situations, qui peuvent sembler anodines, fragilisent l’estime de soi et nourrissent un sentiment de dévalorisation », observe Clémence Kouassi, coach, conférencière et présidente-fondatrice de la Fondation Mam’ange Connect, une organisation œuvrant pour la santé mentale des femmes.

La conférencière qui dit avoir travaillé sur la question a des convictions. A l’en croire, construire des couples solides et épanouis est possible. « Cela passe par la foi, le développement de l’intelligence émotionnelle, la capacité d’écouter l’autre, de comprendre ses besoins, de faire preuve de patience et de bienveillance », conseille-t-elle.

Selon elle, des solutions existent et doivent être encouragées : encourager une meilleure communication entre hommes et femmes, créer des espaces d’échange et de sensibilisation à l’éducation émotionnelle, renforcer la confiance en soi et l’amour de soi chez les femmes afin qu’elles choisissent des relations qui leur correspondent vraiment.

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  • Conditionnement toxique

« Lorsqu’on parle de drague, ‘’breaker une go’’, ‘’rendre une go mouk’’, les enfants de l’ère Facebook doivent s’asseoir et prendre des notes. Vous devez même faire un standing ovation aux anciens avec vos pieds. Pensez-vous que ce que vous faites-là est la drague ? A notre époque, la drague était tout un art, que dis-je, un sacerdoce réservé aux initiés. Plaisantins s’abstenir au risque de se prendre des revers. La drague était de la magie », disait le coach Juste Crépin Gondo dans un post sur ses réseaux sociaux.

Si ce que cet influenceur décrit là semble dépassé, c’est essentiellement à cause d’un fait dont il a fait cas dans sa vidéo : l’influence des réseaux sociaux et la facilité de communication.

Une idée largement partagée. « Par peur d’exprimer clairement leurs sentiments, les jeunes d’aujourd’hui utilisent des voies détournées. Certains ont carrément réduit la femme au sexe. A notre époque, on réussissait à les convaincre avec nos mots et nos manières. Mais, aujourd’hui, malgré les facilités qu’ils ont à échanger avec elles, nombreux sont ceux qui échouent quand ils vont loyalement. Autrement, trop de raccourcis finissent par rallonger le chemin », explique le sénior Marc Obré.

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  • Prof. François N’Guessan Kouakou (anthropologue – sociologue) : « Une bonne drague doit prendre au minimum six mois »

 

En tant que professeur d’anthropologie sociale et culturelle, partagez-vous l’avis de ces femmes qui estiment que les hommes ivoiriens ne savent plus draguer les femmes ?

Oui, c’est aussi mon constat. La manière d’aborder la jeune fille aujourd’hui, dans la société ivoirienne, ne se fait pas en tenant compte de certains paramètres importants. Le respect, la courtoisie, la patience, la connaissance partagée, le respect mutuel, l’attention. Tout cela fait défaut. Il y a trop de raccourcis. Le fait de faire connaissance et d’échanger les contacts est finalement devenu un trait d’union automatique. Ces raccourcis peuvent choquer certaines jeunes filles, en l’occurrence celles qui ont reçu une éducation familiale complète.

A quoi sont dus ces raccourcis ?

Ils sont dus au modernisme, à la diversification et au perfectionnement des moyens de communication, aux formations associatives qui ont fini par surclasser les itinéraires anciens. De ce point de vue, on peut dire effectivement que les jeunes gens d’aujourd’hui draguent mal, parce qu’ils n’utilisent pas le principe de courtoisie pour conquérir progressivement le cœur d’une jeune fille et renforcer cette affection qui doit passer par un certain nombre de services, d’égard, de parole, de compréhension.

Comment en est-on arrivé à cette situation ?

Notre société est directement et indirectement à la base de la situation que nous décrivons. Les masses médias qui nous donnent des modèles, des spectacles, des informations qui ne contribuent pas à nous former en tant jeunes gens pour aller à des rapports, des alliances, des comportements psycho affectifs qui prennent des étapes appropriées afin de grandir ensemble avant éventuellement d’atteindre d’autres étapes comme le mariage. Les rapports sexuels sont systématiquement mis en avant et parfois dans une forme de mépris. La jeune fille devient une sorte d’objet avec laquelle il faut aller rapidement. Les jeunes hommes se prévalent parfois de la quantité des jeunes filles avec qui ils ont couché pour se valoriser au sein de leurs communautés de jeunes.

On imagine l’impact chez les femmes…

Tout à fait ! Quand les étapes de la drague ne sont pas respectées, la jeune femme peut se sentir frustrée, outragée, pas respectée. Souvent, ce sont les rapports entre jeunes filles qui s’en trouvent affectés, parce qu’il arrive que le même jeune homme drague deux amies, ce qui peut être à l’origine de rupture des relations amicales et créer une sorte de rivalité inutile dans les groupes des jeunes filles.

Ce mauvais conditionnement impacte aussi les jeunes filles ?

Bien sûr ! Les jeunes filles observent autour d’elles les attitudes et comportements. Et cela peut déteindre sur elles d’une manière positive ou négative.

Comment cette situation peut-elle être inversée ?

Ce retour doit passer par le groupe familial. Le père, la mère, les tantes, les oncles, les aînés, etc. doivent contribuer à cette éducation des cadettes et cadets. La mère doit apprendre à la jeune fille à se comporter, à ne pas se laisser draguer maladroitement par les jeunes hommes qui mettent quelquefois en avant les cadeaux, l’argent et toutes sortes de flatteries, qui conduisent souvent à des déviations dans les attitudes. Elle doit être épaulée dans cette tâche par les grandes filles. Quant au père et les premiers garçons, ils doivent s’intégrer au niveau des jeunes hommes. C’est leur rôle de faire prendre le bon chemin aux cadets. L’environnement socio-familial et socio-culturel doit donc contribuer au redressement de cette situation et c’est possible. Des groupements sociaux pourraient être créés aussi pour aider les familles dans cette mission. A l’école également, ce sont des choses dont il faut parler. L’école doit contribuer à préparer l’avenir conjugal des jeunes gens, dans les bonnes conditions, en leur présentant les voies par lesquelles il faut passer et celles à éviter.

Selon vous, combien de temps minimum devrait durer une bonne drague ?

Je pense qu’il faut au minimum six mois, sans rapports sexuels. Seulement se connaître, s’apprécier, s’entraider, se donner des conseils, partager un certain nombre de valeurs. La jeune fille ne doit pas céder facilement à la demande de relation sans tenir compte du comportement, de l’attitude de son courtisan, du circuit par lequel il passe pour gagner son cœur.

Comment doit se comporter un homme qui courtise une femme ?

Le jeune homme doit être poussé par la solidarité humaine et la volonté d’entraide. Ce genre de comportement amènera la jeune fille à apprécier, au-delà même du sexe, ses qualités de futur mari ou simplement d’ami, amitié à partir de laquelle on peut faire un autre pas dans le sens des rapports conjugaux. Elle pourra voir en lui des qualités humaines qui peuvent lui être utiles aussi.

Comment les choses se passaient par le passé ?

Dans certains groupes socio-culturels, c’est au travers de cycles initiatiques qu’on apprend ces choses aux jeunes gens. Ces cycles comprennent un programme d’éducation qui est à la fois social, culturel, religieux, économique et politique. Les rapports hommes-femmes en font partie. Et donc l’attitude à avoir quand on se fait draguer doit tenir compte de ce qu’on a appris pendant ces cycles. Le jeune homme qui veut d’une femme doit passer par un ou une ami(e) de la même catégorie d’âge, par le circuit inter-familial… mais pas directement. En tout cas, il y a plusieurs précautions à prendre. Mais en milieu urbain, tout cela s’efface progressivement.

Vous pointez donc du doigt la discordance entre l’éducation traditionnelle et l’éducation moderne ?

Oui, la jeune fille qui a suivi cette éducation familiale et qui, en milieu urbain, est obligée de passer outre, peut se sentir blessée. Ce qui peut l’amener à refuser souvent des relations amicales qui allaient peut-être aboutir à des relations conjugales. Il faut aussi parler de ces raccourcis créés par la proximité et la familiarité dans les milieux scolaires et urbains. Ces raccourcis peuvent choquer la jeune fille à cause de l’éducation qu’elle a reçue à la maison et qui montre un trajet clair que doit prendre l’approche de la drague. Voilà, en substance, ce qui crée très souvent les antagonismes qu’on a du mal à comprendre.

 

 

SOURCE : Fratmat

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