Gagnoa, 09 juil 2026 (AIP)- Le porte-parole du collectif des sociétés coopératives et acheteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire, Takry Groupi Stephane, a appelé mercredi 08 juillet 2026 à Gagnoa, le corps préfectoral des 11 régions de Côte d’Ivoire, productrices de café-cacao, à agir en toute urgence, pour la résolution de la crise dans la filière café-cacao, créée par les stocks résiduels inventoriés non enlevé de cacao.
« Nous les appelons à prendre en compte notre juste préoccupation immédiate, car la nouvelle campagne de café-cacao approche à grands pas », a déclaré le porte-parole du collectif. Il a assuré que le stock résiduel de cacao est « bel et bien » existant et disponible pour quiconque voudrait le vérifier.
Pour résoudre cette situation, le collectif a déposé aux bureaux des préfets, tous les rapports d’inventaires de ces stocks par départements concernés par le problème. M. Takry a indiqué y avoir joint des propositions de solutions. « Notre démarche est purement logique et administrative », a confié celui qui est aussi le président de la Société coopérative pour l’émergence des producteurs agricoles du Goh (SCEPAG).
La rencontre s’est tenue au siège de la chefferie départementale au quartier Garahio de Gagnoa. Etaient présents, une vingtaine de chefs de villages de la région du Goh, ainsi que des présidents de sociétés coopératives venus, outre de Gagnoa, des départements de Oumé, Sinfra, San Pédro, Soubré, Méagui et Touba.
Takry Stéphane a dit être venu à la rencontre de Gagnoa, pour parler « avec franchise » de la « situation critique » des stocks résiduels de cacao dûment inventoriés par le conseil de régulation du café-cacao. « Cela fait maintenant sept mois que nos fèves restent entreposées dans les magasins de stockage, et la réalité est là : la qualité de nos produits est en train de se détériorer chaque jour », a-t-il averti.
Selon lui, c’est « précisément » pour préserver la paix et la cohésion sociale, que face à cette situation « énervante et frustrante », les Présidents de conseil administrations ont engagé des négociations de façon individuel, auprès du conseil café-cacao et de l’OIA qui sont demeurées « vaines ». Des démarches collectives et directes ont également été entreprises, avec les Préfets des départements de Gagnoa, Oumé, Sinfra, San-Pedro et Soubré.
Parlant d’urgence dans le traitement du dossier, le porte-parole a fait allusion au danger de la forclusion au vu de la nouvelle campagne agricole qui s’annonce. La prise en compte du stock résiduel de cacao, ainsi que le financement de la prochaine campagne sont les préoccupations soulevées par le président du collectif.
Il dit s’inquiéter du manque de financement des opérateurs. Ces derniers auraient eu déjà du mal à honorer leurs engagements pris auprès des banques pour continuer l’achat.
Selon M. Takry, l’Etat ne vient pas jusque dans les villages et campements pour acheter le cacao des producteurs. Ces opérations sont exécutées par des opérateurs qui sont les relais sur le terrain. Pour réaliser ces opérations, il faut de l’argent qui doit être mis à disposition par les banques, qui ne seraient pas entrées dans leurs fonds. « Vous voyez que c’est compliqué », a-t-il relevé.
« Les banques ne connaissent pas les difficultés que nous rencontrons, et en plus, le cacao se dévalue au fil du temps, en qualité et en quantité. C’est difficile et à la limite, ça fait pitié », a lâché le porte-parole du collectif des sociétés coopératives et acheteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire confié.
(AIP)