Producteur et acteur, Diakité Oumar signe avec “Dalasien” un long métrage engagé qui explore les dérives du rêve d’Europe chez les jeunes. Dans cet entretien qu’il nous a accordé dans ses locaux à Abidjan, le mercredi 25 mars 2026, il revient sur la genèse du film, ses ambitions sociales et les perspectives du cinéma africain.
Votre film plonge au cœur des réalités sociales de la jeunesse ivoirienne. Quelle lecture sociale souhaitez-vous apporter ?
À travers “Dalasien”, j’ai voulu raconter une réalité que vivent de nombreux jeunes en Afrique de l’Ouest. Le rêve de l’Europe est devenu une obsession, souvent nourrie par la pauvreté, la pression sociale et le manque d’opportunités. Mais ce rêve peut conduire à des choix dangereux. Mon objectif n’est pas de juger, mais de montrer les conséquences. Le film dure 1h30. Il a été tourné à Daloa et est attendu en salles les 28 et 29 mai 2026 à Abidjan. Il agit comme un miroir social qui pose une question essentielle : jusqu’où peut-on aller pour poursuivre un rêve ?
Comment avez-vous travaillé l’écriture du scénario, entre suspense et réalisme ?
L’écriture s’est inspirée de faits observés dans plusieurs quartiers urbains. J’ai voulu mêler thriller et drame social. Le cambriolage, au cœur de l’intrigue, symbolise ce moment où des jeunes franchissent une ligne irréversible. Il fallait maintenir la tension dramatique tout en restant fidèle à la réalité des rues, aux dialogues et aux pressions sociales.
Votre maison de production prône un cinéma engagé. Comment cela se traduit-il dans ce projet ?
Pour nous, le cinéma doit aller au-delà du divertissement. Avec Life Africa Production, nous avons fait de ce film un projet social. Nous avons formé et intégré de jeunes talents aux métiers du cinéma : jeu d’acteur, réalisation, cadrage… L’objectif est de bâtir une nouvelle génération de professionnels africains.
Quelle place accordez-vous concrètement aux jeunes talents ?
Une place centrale. Depuis 2025, nous avons formé plus de 180 jeunes dans l’audiovisuel. Plusieurs participent aujourd’hui à ce film. Je suis convaincu que l’avenir du cinéma africain repose sur cette jeunesse.
Le film aborde des thématiques sensibles. Quel message souhaitez-vous transmettre ?
Un message de responsabilité. L’avenir ne se trouve pas forcément ailleurs. Le voyage clandestin peut détruire des vies. À travers cette histoire, je rappelle que chaque choix a des conséquences et que le courage, parfois, c’est de réussir chez soi.
Quelles conditions pour imposer des films africains à l’international ?
Il faut des histoires authentiques, une qualité technique irréprochable, une bonne distribution et surtout des investissements structurés. Avec ces éléments, nos films peuvent rivaliser à l’échelle mondiale.
Quelle sont vos prochains projets ?
“Dalasien” n’est qu’un début. Nous préparons de nouveaux projets, dont le long métrage “Le film Abobolais”, et des programmes de formation pour plus de 150 jeunes à travers le pays avec pour formateur Gbess Adjaille. Notre ambition est claire, c’est de faire émerger une génération de cinéastes africains capables de raconter nos réalités avec force
SOURCE : Fratmat