Cancers du sein, du col de l’utérus et de la prostate: Des clubs Rotary passent à l’offensive à Abobo

Dans l’enceinte du centre médical Rotary d’Abobo, l’effervescence était palpable le 28 mars 2026. Entre files d’attente disciplinées, échanges rassurants et gestes médicaux précis, quatre clubs Rotary, Abidjan Massina, Abidjan Deux-Plateaux, Abidjan Ivoire et Abidjan Doyen, ont uni leurs forces pour mener une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage des cancers les plus meurtriers.

Cette initiative, loin d’être ponctuelle, s’inscrit dans une stratégie de longue haleine portée par le Rotary à travers la Côte d’Ivoire, celle d’informer, de prévenir et surtout d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Elle a suscité une mobilisation exceptionnelle d’hommes et de femmes de tout âge. Au cœur de cette mobilisation, trois cibles majeures : les cancers du sein, du col de l’utérus et de la prostate.

Des pathologies encore trop souvent diagnostiquées tardivement, avec des conséquences dramatiques. « La détection précoce reste notre meilleure arme », a indiqué Marieme Gueye-Assens, présidente du Rotary Club Abidjan Massina, évoquant un enjeu de santé publique pressant. Et les chiffres de la journée parlent d’eux-mêmes.

En effet, plus de 150 femmes ont été examinées pour les cancers du sein et du col de l’utérus, tandis qu’une soixantaine d’hommes ont bénéficié d’un dépistage du cancer de la prostate. Au-delà des consultations, c’est aussi le message fort de l’urgence d’adopter les bons réflexes de prévention qui a été délivré. « Le dépistage précoce sauve des vies. N’attendez pas que les symptômes s’aggravent. Les examens réguliers (mammographie, frottis, tests colorectaux) permettent de détecter le cancer avant qu’il ne se propage, offrant de bien meilleures chances de guérison », a insisté la responsable d’Abidjan Massina, au nom des présidents des différents clubs donateurs.

Un fléau mondial aux répercussions locales

Le combat mené à Abobo fait écho à une réalité mondiale alarmante. Selon l’Organisation mondiale de la santé (Oms), le cancer a provoqué près de 20 millions de nouveaux cas et 9,7 millions de décès en 2022. Et la tendance est inquiétante. Ces chiffres pourraient bondir de 77 % d’ici à 2050. Chez les femmes, le cancer du sein demeure le plus répandu, avec plus de 2,3 millions de nouveaux cas enregistrés en 2022 et environ 670 000 décès. Il touche tous les âges, même si le risque augmente avec le temps.

Le cancer du col de l’utérus, quatrième cancer féminin le plus fréquent, continue, lui aussi, de faire des ravages, malgré les avancées de la vaccination contre le papillomavirus humain (Hpv). Du côté des hommes, le cancer de la prostate occupe une place préoccupante : deuxième cancer le plus fréquent, il pourrait atteindre près de 2,9 millions de cas annuels d’ici à 2040.

En Côte d’Ivoire, le défi du diagnostic précoce

La situation nationale n’est guère plus rassurante. En Côte d’Ivoire, environ 2 500 nouveaux cas de cancer du sein sont recensés chaque année. Plus inquiétant encore, près de 80 % sont détectés à un stade avancé, réduisant considérablement les chances de survie et portant le taux de mortalité à environ 54 %. Même constat pour le cancer de la prostate, qui touche des hommes de plus en plus jeunes et reste majoritairement diagnostiqué tardivement.

Dans ce contexte, les actions comme celle menée à Abobo prennent tout leur sens. Elles rappellent que derrière les statistiques, il y a des vies qui peuvent être sauvées, à condition d’agir à temps.

 

SOURCE : Fratmat

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