Burkina Faso : Le soutien populaire s’effrite-t-il autour de la junte ?

La disparition de l’imam de la mosquée du secteur 22 de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, Mahmoud Barro, depuis le 31 mars 2026, fait couler beaucoup d’encre et de salive, notamment sur les réseaux sociaux. D’aucuns se demandent si cette situation n’est pas le signe de l’effritement de la popularité du chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré.

Surtout que le guide religieux était considéré comme un soutien indéfectible de l’homme fort de Ouagadougou, jusqu’à ce qu’il dénonce la récente mesure d’interdiction du culte dans les établissements publics. L’imam ayant estimé que la décision est dirigée contre la communauté musulmane.

Cité par Rfi, l’imam Mahmoud Barro a estimé, dans une vidéo, qu’elle s’apparentait à « une provocation qui risque de balayer tout le pouvoir », ajoutant qu’il s’agissait d’« une décision dirigée uniquement contre l’islam ». Ce qui s’apparente à une défection au sein du camp des militaires au pouvoir est d’autant plus important que cela intervient depuis Bobo-Dioulasso, la ville d’origine du capitaine, ou du moins la base du groupe ethnique auquel il appartient, les Dioula.

Sur les réseaux sociaux, les commentaires abondent. Les détracteurs de la junte en profitent pour lancer quelques pics. Cela va de la dénonciation de ce que certains considèrent comme une dictature à la raillerie, voire à l’humour noir.

Diafara Guindo (@GuindoDiafara) fait partie de ceux qui ont choisi de railler la junte sur ce sujet. Sur sa page X (Twitter), il écrit : « Macron est le seul responsable de cette disparition ». Fils (@RouteRacine) abonde dans le sens : « La détermination d’Ibrahim Traoré, c’est lui tout craché », poste-t-il.

Frédéric Koné (@FrdricKONE2) est plus dur avec le pouvoir de Ouagadougou. Il le dit en ces termes : « La démocratie n’est pas burkinabè, mais les disparitions, oui. »

Les pro-juntes ne sont pas en reste. Ils en profitent pour raviver des éléments de la rhétorique anticolonialiste. Amadou Koïta (@akoita93) est l’un d’entre eux. Il écrit : « Radio France intoxications et voix officielle du terrorisme dans le monde entier, en particulier au Sahel ! »

Le capitaine Ibrahim Traoré avait justement fait une sortie sur la question quelques jours plus tôt : « Le Président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, délivre un message fort : “L’Occident n’a pas de véritable morale. Un jour, vous êtes un « terroriste » à leurs yeux, le lendemain un « héros ». Il est temps de se libérer de ce colonialisme mental.” », avait-il déclaré.

 

 

SOURCE : Fratmat

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