Présidée par le Professeur Tiémoko Doumbia, président du Rpp, la rencontre a réuni les membres de la haute direction ainsi que plusieurs cadres du parti.
À l’ordre du jour figuraient notamment le bilan des élections présidentielle et législatives, l’évaluation de la participation du parti aux coalitions de l’opposition, les perspectives pour les quatre prochaines années, l’organisation du congrès et le renouvellement des instances dirigeantes. Dans son allocution, Tiémoko Doumbia a rappelé que le Rpp a pris part à deux coalitions de l’opposition en 2025 : le Rassemblement des acteurs pour la paix en Côte d’Ivoire (Rap-CI) et la Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (Cap-CI), dans l’optique de renforcer l’unité et de défendre des élections inclusives et apaisées. Selon lui, ces alliances n’ont pas produit les résultats escomptés en raison de divergences internes et d’ambitions personnelles. « L’unité de l’opposition a été fortement mise à mal par des calculs individuels », a-t-il déploré.
Il estime que cette situation a profité au parti au pouvoir, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), aujourd’hui dominant sur la scène politique nationale.
Pour le président du RPP, le constat est clair : la scène politique actuelle est largement dominée par le Rhdp, une situation qu’il attribue aussi aux faiblesses de l’opposition, incapable selon lui de se réinventer et de fédérer suffisamment ses énergies pour proposer une alternative crédible aux Ivoiriens.
Tiémoko Doumbia a lancé un appel à la classe politique ivoirienne pour repenser le modèle politique national. Il a mis en garde contre le culte de la personnalité, les dérives identitaires et l’instrumentalisation des appartenances ethniques et religieuses. Évoquant l’héritage du premier président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, il a rappelé l’idéal d’une Côte d’Ivoire unie dans sa diversité. Selon lui, le pouvoir en place, se réclamant de l’houphouëtisme, devrait être le garant de cette vision en consolidant les mécanismes politiques et sociaux favorisant le vivre-ensemble. « Nous nous battrons dans la mesure du possible pour faire passer ce message d’unité et de cohésion sociale en dépit de nos différences et oppositions qui ne sauraient être au-dessus des intérêts de notre cher et beau pays la Côte d’Ivoire », a-t-il souligné. Le Rpp entend ainsi se positionner comme une force de proposition, attachée à la paix, au consensus et à la cohésion sociale.
Sur le plan organisationnel, le Rpp a annoncé le lancement d’un nouveau recrutement de militants ainsi qu’une restructuration de ses instances dirigeantes. Une nouvelle équipe a été dévoilée avec pour mission de relancer les activités du parti, de préparer les prochaines échéances électorales et d’actualiser le programme de société. Le congrès du parti est fixé au 31 octobre 2026. Il devra valider les orientations stratégiques et organisationnelles issues de ce cycle de réformes et marquer une nouvelle étape dans la dynamique de relance engagée par la direction. Cette rencontre a permis aux membres du bureau politique de préparer les futures échéances électorales notamment les municipales de 2028 ainsi que les présidentielles de 2030.
Sur le plan socio-économique, le Rpp plaide pour une meilleure redistribution des fruits de la croissance. Le président Doumbia a insisté sur la nécessité de renforcer le pouvoir d’achat, de soutenir l’emploi des jeunes et d’accompagner les femmes, qu’il qualifie de piliers de l’économie nationale. Il a également appelé à une amélioration de la rémunération des producteurs agricoles, confrontés à la fluctuation des prix des matières premières. À ce sujet, il a invité l’État à engager une réflexion approfondie afin de sécuriser durablement les revenus des paysans et de préserver la stabilité sociale en milieu rural. À travers cette série d’annonces et de prises de position, le Rpp affiche sa volonté de se repositionner sur l’échiquier politique national à l’approche des prochaines échéances électorales. Cette rencontre a réuni les membres du bureau politique notamment le secretaire général, Serge Koffi.