Le Parlement sud-africain ouvre la voie à une réforme majeure du mariage en Afrique du Sud. Le projet de loi vise à unifier les trois lois matrimoniales existantes et à interdire définitivement le mariage des enfants, dans un contexte où la pratique demeure préoccupante, surtout dans les provinces rurales.
Le Parlement sud-africain entame la phase finale des consultations publiques sur le projet de loi relatif au mariage, un texte législatif majeur qui unifiera les trois lois matrimoniales actuellement en vigueur et introduira des réformes profondes, notamment l’interdiction totale du mariage des enfants.
La commission parlementaire des affaires intérieures tiendra sa dernière série d’auditions dans la province du Limpopo la semaine prochaine, offrant ainsi au public une ultime occasion de contribuer à l’élaboration du projet de loi avant son adoption.
Cette réforme intervient dans un contexte de persistance du problème du mariage des enfants en Afrique du Sud, en particulier dans les provinces rurales comme le Limpopo, le Mpumalanga et le KwaZulu-Natal. Bien que la législation actuelle interdise la plupart des unions de mineurs, des lacunes dans la loi sur le mariage et la loi sur la reconnaissance des mariages coutumiers ont permis à des mineurs de se marier avec le consentement de leurs parents ou d’un ministre du culte.
Les organisations de défense des droits humains affirment que ces lacunes ont favorisé la perpétuation de pratiques néfastes, exposant les jeunes filles à des grossesses précoces, au décrochage scolaire et à une précarité économique durable. Le nouveau projet de loi vise à combler ces lacunes en fixant l’âge minimum du mariage à 18 ans sans exception et en criminalisant toute personne facilitant ou célébrant un mariage impliquant un mineur.
Le texte regroupe également les mariages civils, coutumiers et religieux sous une loi unique et élargit la désignation des officiers d’état civil aux chefs traditionnels. Des dispositions supplémentaires visent à lutter contre les mariages frauduleux, notamment ceux impliquant des ressortissants étrangers.
Le président de la commission, Mosa Chabane, a souligné l’importance des auditions finales pour garantir que la législation reflète les besoins et les valeurs des Sud-Africains.
« La participation citoyenne n’est pas seulement un devoir civique, mais aussi une pierre angulaire de la démocratie participative », a-t-il déclaré.
Les auditions publiques organisées dans tout le pays l’année dernière ont révélé un fort soutien aux mesures de protection de l’enfance prévues par le projet de loi, bien que certains participants aient plaidé pour que l’âge minimum du mariage soit relevé à 21 ans. D’autres ont exprimé des inquiétudes quant à la reconnaissance des mariages entre personnes de même sexe et à la réglementation des unions transfrontalières.
Le Bureau de l’éducation publique du Parlement a mené des actions de sensibilisation afin de garantir que les communautés comprennent le projet de loi et puissent formuler des observations éclairées. Le comité a exhorté les habitants du Limpopo à assister aux audiences et à contribuer à ce qu’il décrit comme une refonte en profondeur du cadre juridique du mariage en Afrique du Sud.
SOURCE:APANews