Algérie : les excuses retirées de la loi contre le colonialisme

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Le Parlement algérien a approuvé lundi  9 mars la version amendée de la loi criminalisant la colonisation française, dans laquelle ne figurent plus les exigences d’excuses officielles et de réparations généralisées.

 Le vote de l’amendement à la loi sur la colonisation s’est tenu lors d’une séance plénière présidée par Brahim Boughali, en présence du ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift, ainsi que de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali.  Le texte a été adopté dans une version différente de celle qui avait été approuvée à la fin de décembre 2025 par l’Assemblée nationale et qui faisait porter à l’État français « la responsabilité juridique de son passé colonial et des tragédies qu’il a engendrées ».

Cette adoption officialise, selon Alger, une avancée importante dans la reconnaissance des crimes commis durant la période coloniale.

Dans sa version finale, la loi a été modifiée sur un point sensible : les dispositions qui exigeaient explicitement des excuses officielles de la France et des réparations généralisées ont été retirées du texte.

« L’Algérie, qui a sacrifié des millions de martyrs pour sa liberté, son indépendance et sa souveraineté, ne bradera jamais sa mémoire ni sa souveraineté contre quelque avantage matériel que ce soit », affirme Faouzi Bendjaballah, rapporteur de la commission paritaire chargée de modifier le texte.

Le texte souligne que « l’État algérien œuvre, par tous les moyens et outils juridiques, pour obtenir la reconnaissance de son passé colonial ». La demande d’excuses est remplacée par un objectif plus large : la reconnaissance historique des crimes liés à la colonisation.

Le rapporteur de la commission paritaire a souligné que ces ajustements reflètent « la position de principe, inébranlable, de l’État algérien ». Selon lui, « l’Algérie, qui a sacrifié des millions de martyrs pour sa liberté, son indépendance et sa souveraineté, ne bradera jamais sa mémoire contre un avantage matériel, quel qu’il soit ».

La nouvelle loi comporte aussi une modification terminologique concernant les harkis, les Algériens ayant servi comme auxiliaires de l’armée française pendant la guerre d’indépendance. Le texte maintient par ailleurs une disposition concernant les victimes des essais nucléaires français réalisés dans le sud de l’Algérie durant la période coloniale. L’article prévoyant le versement de compensations financières pour ces victimes n’a pas été modifié dans la version finale de la loi. Le texte qualifie désormais leur collaboration de « trahison », et non plus de « haute trahison ».

L’adoption de cette loi intervient dans un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris.  Toutefois, certains signes d’apaisement dans les relations bilatérales ont récemment émergé notamment avec la visite effectuée récemment à Alger par le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez.

 

SOURCE:APANews

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